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    Zen – Maxence Fermine

    Zen, Maxence Fermine, Michel Lafon, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, rentrée littéraire, RL2015, Neige, calligraphie, Japon, bouddhisme, zen" Chaque jour, de l'aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l'art subtil de la calligraphie. Une activité mêlant la peinture à l'écriture dont la frontière est si ténue quelle paraît invisible. " Le jour où la jeune Yuna, une calligraphe prodige, le sollicite pour apprendre à parfaire son art, Maître Kuro hésite. Celle qui se rêve son élève sera-t-telle à la hauteur de ce qu'un tel enseignement exige ? Convaincu par sa sincérité et sa motivation, il fait d'elle sa disciple, lui imposant un quotidien de sacrifices et d'exigence à la recherche de l'harmonie et de l'équilibre parfaits : la voie du zen, clef de la maîtrise de leur art. Mais au fil des saisons, la proximité des deux êtres éveille en eux une sensualité qu'ils n'osent pas s'avouer.

    Le premier roman de Maxence Fermine, Neige, fait partie de mes romans préférés, de ceux que j'aime relire de temps en temps, tant il me touche par sa poésie. Après s'être essayé à d'autres styles littéraires, l'auteur renoue avec ce qui a fait la beauté de ce premier roman.

    Il nous initie à l’art subtil de la calligraphie, dont l'apprentissage du geste parfait nécessite discipline, silence et concentration. Il nous fait découvrir les rituels qui entourent la pratique de la calligraphie, du choix du matériel adéquat au dessin proprement dit.

    Pendant ma lecture, le temps était comme suspendu, j’ai eu l’impression d’entrer pleinement dans la philosophie du bouddhisme zen, de voir Maitre Kuro ratisser son jardin de gravier blanc et d’assister à ses séances de médiation. Mais le calligraphe, s’il fait preuve d’un flegme remarquable en toute circonstance, n’en est pas moins un homme. C’est d’ailleurs Yuna, par sa présence discrète et son travail assidu, qui va faire apparaitre toute la fragilité de cet homme lié à une autre femme par un serment d'amour éternel.

    Je pourrais en dire tant encore sur ce roman que j’ai adoré mais ce serait trop vous le dévoiler. Or, Zen est de ces romans que l’on déguste, confortablement installé dans son fauteuil de lecture préféré. Il touche tant par le réalisme et la complexité des personnages que par la beauté des décors qu'il décrit et nous transporte dans un autre temps, celui de la méditation et de la contemplation du monde.

    "Maitre Kuno [...] sait désormais, comme Yuna le lui enseigne chaque jour avec tant de délicatesse, que la plus belle des calligraphies est celle qu'on écrit à l'encre de ses doigts, tel un tatouage éphèmère, sur la peau de l'être aimé."

    Remerciement aux Editions Michel Lafon pour cette lecture.

     

    Zen – Maxence Fermine – Editions Michel Lafon – 2015

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    Cappuccino blues – Sarah Berti

    Cappuccino blues, Sarah Berti, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, la vie al dente, Belgique, Rebecq, enquête, policier, inondation, disparition, MonsDes trombes d'eau s'abattent sur la Belgique, les rivières débordent et toutes les forces vivent de Rebecq sont à pied d'œuvre. Des pompiers à la police en passant par le Bourgmestre et les habitants, tous sont trempés jusqu’aux os et tentent de sauver ce qui peut l’être. Dans la confusion qui suit l'inondation, plusieurs disparitions inquiétantes sont signalées. Les personnes se sont-elles noyées ? Y a-t-il un lien entre ces disparitions ? Autant que questions auxquelles l’aspirant inspecteur Tiziana Della Vera devra répondre.

    J’avais adoré La vie al dente, le dernier roman en date mettant en scène Tiziana Della Vera, ce qui m’a donné envie de rattraper mon retard et de découvrir les autres romans de Sarah Berti. Cappuccino blues est sorti un an avant et nous permet de faire connaissance avec les différents protagonistes. On assiste à la première rencontre entre Tiziana et Barbara Delestienne, qui deviendra son amie, nous rencontrons le Commandant Markus N'Guyen, le chef des pompiers qui ne laisse pas Tiziana indifférente.

    Mon coup de cœur va à la famille quelque peu envahissante de Tiziana, entre un frère surdoué et casse-cou, un nonno qui a le cœur sur la main et la nonna qui participe à l'effort collectif à coup de bols de minestrone fumant, ils sont une caricature de la famille italienne à eux seuls.

    De l'action, peu de temps morts et des personnages attachants, Sarah Berti sait y faire pour hameçonner le lecteur. D’autant que Cappuccino blues ne peut se réduire à une simple histoire d’enquête car beaucoup d'humanité se dégage de ce roman. L’auteure arrive à nous faire ressentir l'impuissance des professionnels débordés par la situation et l’immense désarroi des victimes de la crue. A la lecture de ce roman, on sent qu’elle est autant attachée à sa région qu’attentive aux autres.

    Cappuccino blues, Sarah Berti, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, la vie al dente, Belgique, Rebecq, enquête, policier, inondation, disparition, MonsCappuccino blues – Sarah Berti – Editions Luce Wilquin – 2014

    Du même auteur: 

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    Tiré à quatre épingles – Pascal Marmet

    Tiré à quatre épingles, Pascal Marmet, Michalon, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, policier, enquête, meurtre, art africain, statue, masque, Peter PanSamy, escroc à la grande gueule, profite de la naïveté de Laurent pour l'entraîner dans un cambriolage. Alors qu’ils laissent la propriétaire de l’appartement blessée mais vivante, elle est  retrouvée morte quelques heures plus tard. Le commandant Chanel, chargé de l'enquête, s'enfonce alors dans l'étrange passé de cette victime, épouse d'un ex-préfet assassiné peu de temps auparavant.

    Sans que l'on s'en rende compte, on est totalement pris par l'histoire, imaginant mille hypothèses au rythme des découvertes du Commandant Chanel.

    L'auteur nous entraîne dans le monde de l'art primitif africain et c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert les croyances et rites qui entourent les statues et masques traditionnels. Mais ce qui est intéressant pour le lecteur revêt par contre un caractère déroutant pour Chanel, peu habitué à tenir compte du "monde invisible" au cœur des légendes africaines.

    J’ai particulièrement apprécié le personnage du Commandant Chanel. Sous ses airs bourrus, il est un enquêteur carré, direct et efficace qui sait se faire respecter mais qui a aussi un grand cœur. Par contre, la personnalité de Laurent est plus difficile à cerner. Il vient de rater ses études en boulangerie et erre sans but dans la gare de Lyon, dans un accoutrement qui ressemble plus à un déguisement qu’à un véritable style vestimentaire. D’une candeur et d’une crédulité désarmante, il est le cliché du jeune rêveur idéaliste qui n’est pas né à la bonne époque.

    Un roman addictif, qu'il suffit d'ouvrir pour ne plus voir le temps passer et un Commandant Chanel que l’on aurait bien envie de retrouver dans d’autres aventures…

    Tiré à quatre épingles, Pascal Marmet, Michalon, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, policier, enquête, meurtre, art africain, statue, masque, Peter PanRemerciement à Babelio et à l'auteur pour cette lecture.

    Tiré à quatre épingles – Pascal Marmet – Michalon Editeur – 2015

     

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    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

    Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Babel, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Italie, soleil, chaleur, famille, village, travail, amour, amitié, Goncourt, #romansété, étéL'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobe. A Montepuccio, leur village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riche. Mais ils ont fait voeu de se transmettre de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

    Laurent Gaudé réussi avec brio à immerger le lecteur dans la vie de ce petit village imaginaire du sud de l'Italie, situé entre mer et montagnes. À la lecture de ce roman, on a l'impression de faire partie intégrante du lieu et de partager les repas gargantuesques des Scorta, les fêtes traditionnelles, mais aussi de ressentir la chaleur qui brule la végétation.

    Chacun à sa manière, tous les personnages de ce roman ont une personnalité forte, sans pour autant être caricaturale. Le lecteur ne peut que s'attacher à ces personnages entiers et vrais qui tentent de transmettre leurs valeurs, à la fois importantes et élémentaires, aux générations futures. Leur comportement inspire le respect car ils ont réussis, à force de volonté et de travail, à construire la vie dont ils rêvaient malgré un départ difficile dans la vie et plusieurs expériences malheureuses.

    Un récit fort sur l'importance de la famille et de l'amitié mais aussi sur les valeurs de travail, de respect des anciens et d'honneur. Une histoire familiale faite de passion et d'attachement fraternel très fort racontée avec des mots qui touchent et qui m'ont laissée plus d'une fois avec les larmes aux yeux.

    Il est rare que j'apprécie un roman ayant reçu un prestigieux prix littéraire mais celui-ci est une exception. Je l'ai lu d'une traite, avec beaucoup de plaisir, et les images que l'auteur a suscitées  continuent de revenir régulièrement tant les valeurs qu'il défend me semblent essentielles. Une très belle expérience de lecture.

    Prix Goncourt 2004

    Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé – Editions Babel – 2004

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    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre – Philippe Delerm

    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre, Philippe Delerm, Seuil, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, été, rentrée littéraire, RL2015, nouvellesElles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire.

    C'est la première fois que je lis Philippe Delerm et je découvre un auteur au sens de l'observation particulièrement aiguisé, attentif aux moindres détails et un conteur d'histoires hors pair. Sous sa plume, même une grêve de la SNCF devient un moment convivial où les passagers pris en otage s'entraident et échangent sur tout et rien. Ces nouvelles ont cette particularité qu'elles placent les protagonistes dans des situations qui ouvrent le dialogue entre parfaits inconnus, comme dans Averse qui voit plusieurs personnes trempées par la pluie se réfugier sous un abri et échanger quelques mots.

    J'ai particulièrement été touchée par Ses lèvres bougent à peine où un jeune enfant est plongé dans un livre dont il décrypte l'histoire en remuant les lèvres, La mémoire de l'oubli où l'auteur évoque avec tendresse cette vieille dame qui souffre de la maladie d’Alzheimer et qui a oublié jusqu'à l'existence de son mari ou encore La deuxième étoile qui nous fait partager un dimanche en famille à la plage, moment que l'on voudrait ne jamais voir s'arrêter tant on est bien avec ceux que l'on aime.

    40 nouvelles comme autant de petits plaisirs à partager. Un petit extrait ici.

    Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre – Philippe Delerm – Editions Seuil – 2015