• 0 commentaire

    Georges et les dragons – Jean-Pol Hecq

    Georges et les dragons, Jean-Pol Hecq, Luce Wilquin, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, Mons, Mons2015, Saint-Georges, dragon, guerre, bataille, ange, enquête, Borinage, Stefan Zweig, Joris Ivens, journaliste, RTBFMaximilien Jelgersma arrive à Mons en1927. Ce journaliste néerlandais prétend faire des reportages sur le Borinage, la reconstruction de l’après-guerre et la réalité sociale de la région montoise.
    Sa motivation est toutefois plus personnelle : il recherche Georges, un de ses cousins disparu pendant la guerre. Au cours de son enquête, Max croise quelques personnalités et découvre les légendes qui circulent sur la bataille d'aout 1914. Qu’ont réellement vu les soldats ce soir-là ? Et pourquoi les chevaux sont-ils omniprésents dans cette affaire ?

    Georges et les dragons nous offre l'expérience unique de remonter dans le temps et de découvrir la région montoise pendant et après la guerre ainsi que les personnages influents de l’époque.

    Jean-Pol Hecq revient sur la légende des "Anges de Mons", selon laquelle Saint-Georges et des anges guerriers seraient apparus aux soldats la nuit du 23 au 24 aout 1914, pendant la bataille qui opposait les Allemands aux Britanniques, et permettant à ces derniers de sortir vainqueurs. Alors que cette légende a déjà fait couler beaucoup d’encre, j’ai apprécié le fait que l'auteur lui donne une signification complètement différente de ce qui a déjà été dit et écrit à ce sujet.

    Georges et les dragons est un roman historique grâce auquel le lecteur apprend énormément de choses sur la ville de Mons et les pratiques de l’époque. Par exemple, Maximilien rencontre des personnages influents : le cinéaste Joris Ivens en repérage dans le Borinage pour son prochain film, l'écrivain autrichien Stefan Zweig qui l'emmène sur le lieu où a vécu le poète Emile Verhaeren. A travers ce personnage, nous partons à la rencontre des habitants et découvrons l'histoire de la région, ses traditions et son folklore.

    Etant montoise, les événements et lieux cités me sont évidemment familiers mais ce roman m'a permis de les appréhender sous un jour nouveau et de poser un autre regard sur cette belle ville de Mons. L'enthousiasme que dégage l'auteur en parlant de sa ville est contagieux et donne envie de poursuivre les investigations.

    Un premier roman très réussi, qui mêle Histoire et enquête à rebondissements, et qui témoigne déjà d’une belle maîtrise de l’écriture. Assurément un auteur à suivre.

    Remerciement aux Editions Luce Wilquin pour cette lecture.

    Georges et les dragons – Jean-Pol Hecq – Editions Luce Wilquin – 2015

  • 5 commentaires

    Sukkwan Island – David Vann

    Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, #romansété, ile, Alaska, froid, hiver, père, fils, enfant, suicide, famille, folieUne île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

    D'aucuns reprochent à ce roman son style de narration. Et il faut bien avouer que les descriptions de paysages constituent la plus grande part de ce roman, laissant peu de place aux dialogues. Il faut réellement attendre la moitié du livre pour sortir de la monotonie du récit et ressentir le choc de l'évènement qui a lieu, laissant le lecteur totalement surpris.

    Tout le talent d'écriture de David Vann se manifeste dans la construction de ses personnages. Le père au bout du rouleau suite à un énième divorce, habité par des obsessions incontrolables et complètement désespéré. La vision de Roy sur la situation de son père, étonnament éclairée malgré son jeune age, lui qui ne voulait pas se trouver là mais qui, par loyauté envers son père, décide de rester pour, peut-être, le sauver.

    Le lecteur est pris en otage de ce huis clos et ne peut qu'assister, impuissant, à la relation étrange qui se met en place entre Roy et son père, inversant les rôles et rendant encore plus inquiétant le comportement du père. Et, malgré les grands espaces dans lesquels évoluent les personnages, c'est la sensation d'enfermement et de solitude qui domine le roman.

    Sukkwan Island est fortement inspiré de la propre vie de David Vann. Ce roman puise d'ailleurs sa source dans la proposition que lui a faite de son père losqu'il était adolescent mais,contrairement à Roy, le jeune David d'alors refuse. Quinze jours plus tard, son père se suicidera, seul sur son ile. Ce roman est donc pour l'auteur une façon de réinterpréter son histoire personnelle en imaginant ce qui a pu se passer sur l'ile.

    Sukkwan Island – David Vann – Editions Gallmeister – 2010

  • 0 commentaire

    Proie de coeur – Ludovic Lethoor

    Proie de coeur, Ludovic Lethoor, Mon Petit Editeur, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lectureCe matin-là devait être une journée comme les autres pour Daryl Landry mais la réception d'un étrange message va en décider autrement. Une mission lui est confiée dont il connait ni l'objectif ni le lieu. Et le voilà embarqué dans une aventure extravagante qui va l’obliger à sortir de sa zone de confort, le faire voyager et remettre sa vie en question.

    Après un premier chapitre très descriptif, le rythme s'accélère, ferrant le lecteur et le tenant en haleine face à cette incroyable histoire de mission. Nous suivons Daryl au fil de ses réflexions et de ses tentatives pour désobéir aux ordres qui lui sont transmis et, avec lui, nous ne pouvons que constater à quel point il a perdu le contrôle de sa vie, devenu malgré lui la marionnette d’un groupe qui l’utilise à loisir.

    Proie de coeur souffre de quelques maladresses dans la rédaction : le choix des mots n'est pas toujours judicieux, les textes sont rédigés dans un français scolaire et manquent de naturel, de nombreux détails sont mentionnés dont on ne fait finalement rien, etc. Le roman alterne constamment entre scènes d'action dignes des meilleurs films policiers et passages longuets ou dialogues stériles qui font retomber la pression sans faire avancer l'histoire.

    J’ai vraiment bien aimé la première partie du roman et ai été bluffée par la surprise que Ludovic Lethoor réserve au lecteur, complètement pris au dépourvu au même titre que le personnage principal. Par contre, j’ai trouvé dommage que la seconde partie du roman reprenne toute l'histoire depuis ses débuts en l’abordant cette fois sous le regard des comploteurs, car cela rend le roman répétitif. Une autre structure aurait pu être mise en place pour garantir à la fois le suspense et la double vision de l’aventure de Daryl.

    Un roman à l'idée de base originale, qui réserve de belles surprises et laisse peu de place à l’ennui mais qui souffre de quelques faux pas. Un auteur à tenir à l'oeil et que je remercie pour cette lecture.

    Proie de coeur – Ludovic Lethoor – Mon Petit Editeur – 2015

  • 1 commentaire

    La page blanche – Boulet & Pénélope Bagieu

    La page blanche, Boulet, Pénélope Bagieu, Delcourt, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, mémoire, banc, souvenir, libraire, librairie

    La nuit commence à tomber et elle est assise sur un banc public sans plus savoir ni qui elle est ni où elle se trouve et pourquoi. La panique. Et si elle retrouve son appartement par déduction, la mémoire, par contre, ne lui revient pas.

    Pour cette jeune femme, l'amnésie dont elle souffre est l'occasion de poser un regard neuf sur sa vie et de se remettre en question. Elle se rend alors compte des mauvais choix qu'elle a pu faire, des relations qu'elle a privilégiées au détriment d'autres plus constructives.

    Réaliser une bande dessinée humoristique sur le thème de la perte de mémoire est intéressant et les situations imaginées par notre amnésique sont exceptionnelles de drôlerie, mais j'aurais apprécié que l'on s'attarde davantage sur le problème. Parce que cette lecture d'une petite heure s'avère finalement bien peu consistante, l'amnésie ressentie par le personnage ne correspondant pas à une pathologie connue, l'auteur s'en tirant d'ailleurs avec une entourloupe un peu facile, qui ne donne aucune réponse aux questions que peut se poser le lecteur.

    Le scénario est donc un peu faible à mon gout, ce que contrebalance légèrement le dessin de Pénélope Bagieu, dont le trait est reconnaissable, mais sans toutefois réussir à sauver l'ensemble.

    La page blanche – Boulet & Pénélope Bagieu – Editions Delcourt – 2012

     

    (clic sur les photos pour agrandir)

    La page blanche, Boulet, Pénélope Bagieu, Delcourt, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, mémoire, banc, souvenir, libraire, librairieLa page blanche, Boulet, Pénélope Bagieu, Delcourt, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, mémoire, banc, souvenir, libraire, librairieLa page blanche, Boulet, Pénélope Bagieu, Delcourt, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture, mémoire, banc, souvenir, libraire, librairie

  • 0 commentaire

    Excursion – Steinar Bragi

    Excursion, Steinar Bragi, Métailié, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture,  #romansété, Islande, ami, vacances, visite, maison, thrillerQuoi de plus efficace pour échapper au stress de la vie citadine qu’une virée en 4x4 sur les hauts plateaux désertiques de l’est de l’Islande avec un coffre rempli d’alcool et d’herbe ? Les deux couples qui s’y risquent ne sont pas au bout de leurs surprises. Perdus dans le brouillard et la neige, ils entrent en collision avec une maison qui abrite d’étranges habitants. Commence alors une folle équipée pour tenter d’échapper à ce lieu terrifiant.

    Tout au long de ma lecture, je n’ai pu me défaire d’un profond sentiment de malaise, que Steinar Bragi entretient habilement en faisant évoluer ses personnages dans un environnement de plus en plus hostile. Confrontés au froid polaire et à un brouillard persistant qui réduit la visibilité à néant, ils se retrouvent isolés du monde, confrontés à des phénomènes étranges et à une nature menaçante avec, pour seul repère, une maison dressée au milieu de nulle part et un couple de personnes âgées pas franchement avenant. D’autant que toutes leurs tentatives pour retrouver la civilisation se soldent par un échec.

    Imperceptiblement, le comportement des aventuriers change. L’excursion bon enfant d’une bande de copains dégénère, laissant apparaitre les animosités et mettant au jour rancœurs et jalousies, ce qui ajoute à l’ambiance malsaine du roman. Les personnages sont bien dessinés même si je n’ai pu m’identifier à aucun d’entre eux, mais je trouve dommage que l’auteur ait choisi de les présenter de façon aussi descriptive, rendant ces parties longues et rébarbatives.

    Tous ces éléments placent le lecteur en position d’attente, espérant qu’un événement majeur ait lieu et introduise un peu d’action dans cette histoire. Malheureusement, le roman reste plat et il faut attendre les trente dernières pages pour que des événements majeurs se produisent réellement, donnant un coup d’accélérateur inespéré au récit. L’absence d’action et d’énergie est, à mon sens, le grand point noir d’Excursion. On est sans cesse dans le registre des sensations et des impressions étranges sans qu’il ne se passe quoi que ce soit de concret. Ajouté au fait que l’on se perd par moments dans des considérations qui ne font pas avancer l'histoire ou de longues descriptions soporifiques et vous comprendrez que le peu de suspense présent se dissipe.

    Ce roman me laisse avec un vrai sentiment de malaise et beaucoup de questions, d’autant plus que je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur, la fin restant incompréhensible pour moi.

    En refermant ce livre, je n’ai qu’une envie, me plonger rapidement dans une lecture légère et plaisante pour oublier cette étrange expérience de lecture !

    Excursion, Steinar Bragi, Métailié, livre, roman, blog littéraire, littérature, carnet de lecture,  #romansété, Islande, ami, vacances, visite, maison, thrillerExcursion – Steinar Bragi – Editions Métailié – 2013