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    Quelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier

    Cover Quelque chose dans la nuit.gifTrois accords en boucle, un riff de guitare, un refrain… Something In The Night.
    Ils sont des dizaines de milliers à avoir entendu cette chanson. Six d’entre eux en mourront. Quatre hommes et deux femmes dont le seul lien est leur passion déraisonnable pour une star, Bruce Springsteen, le Boss. Six fans traqués par la mort de concert en concert, de Madrid à Hambourg, à Londres, Paris et Anvers. Suicides ? Accidents ? Une loi des séries à laquelle Damien, gendarme passionné de musique, ne peut croire.

    Immersion dans le monde des fans, qui suivent leur groupe ou chanteur favori dans ses tournées à travers le monde. Les personnages que nous décrit Mikaël Ollivier sont de véritables passionnés (ils fréquentent les forums dédiés au chanteur, organisent leurs vacances en fonction des dates de concert de la star, s’endettent pour pouvoir le suivre…), leur vie quotidienne n’étant plus qu’une sorte d’intermède obligatoire entre deux concerts. Ce sont les personnages de Guillaume Le Guen et de  son frère Damien, tous deux policiers, qui m’ont le plus touchés par leur sensibilité et leur esprit aiguisé.

    Quelque chose dans la nuit nous fait partager les moments d’effervescence que connaissent les fans lorsqu’ils partent en concert mais aussi les doutes et les peurs qui s’éveillent au fil des meurtres qui se succèdent. En parallèle à l’histoire principale, le récit horrible et poignant d’une jeune fille agressée par un groupe de garçons prend aux tripes, sans que l’on comprenne tout de suite la signification de ces digressions. Malheureusement, ce roman comporte aussi quelques longueurs lorsque l’auteur développe la vie quotidienne de chacun des personnages, faisant retomber la tension et nous coupant ainsi dans notre élan. Les dernières pages laissent, quant à elles, une impression positive, marquée par une accélération de l’histoire, jusqu’au final où l’auteur nous livre le fin mot de cette tournée meutrière.

    Ce roman policier, certes un peu inégal au niveau du rythme, a par ailleurs le mérite de nous plonger dans un monde peu connu, celui des travellers fans. Mikaël Ollivier, lui-même passionné par Bruce Springsteen (il a d’ailleurs écrit une biographie du chanteur), arrive à nous transmettre son intérêt pour la musique rock. Les informations sont complètes et font référence à des événements réels, le Magic Tour s’étant effectivement arrêté dans plusieurs villes européennes entre 2007 et 2008.

    A lire avec Bruce Springsteen en fond sonore évidemment ! Le premier chapitre à lire pour vous faire votre opinion.

    Logo Challenge Thrillers et polars.jpgQuelque chose dans la nuit – Mikaël Ollivier – Editions Le Passage – 2011

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    Le carnet rouge – Benjamin Lacombe & Agata Kawa

    Cover Le carnet rouge.pngWilliam Morris est l’initiateur du renouveau dans les arts décoratifs au 19e siècle. Considéré comme le fondateur du design moderne, il a notamment inspiré l’art nouveau en Europe. Le carnet rouge de Benjamin Lacombe nous narre l’histoire romancée de l’enfance de ce grand homme. Alors qu’il a 13 ans, le jeune William entre au Marlborough College pour devenir prêtre, selon la volonté de ses parents. Mais il s’y découvre une passion pour les formes, les couleurs et la littérature.

    Les thèmes de prédilection de Benjamin Lacombe se retrouvent dans ce livre : l’enfance, la mélancolie, le sentiment d’être différent… Le personnage de William Morris est admirablement décrit, enfant solitaire, il aime passer ses temps libres dans le luxuriant jardin de l’école, à observer la nature environnante et à dessiner.

    Les pages sont très fournies, remplies de fleurs, de plantes et d’animaux, comme un fil conducteur tout au long de l’histoire. Les illustrations, d’Agata Kawa, reflètent d’ailleurs très bien ce que seront les futurs textiles imprimés et tapisseries du designer britannique. Dans un univers proche de celui de Mathias Malzieu et de Tim Burton, les dessins sont imposants, un peu fantastiques et plutôt sombres.

    Outre l’attrait pour le dessin et la nature, le jeune William se découvre également une passion pour la littérature et la poésie en particulier, nous offrant quelques jolies rimes réparties sur tout le livre.

    Un très beau livre, une invitation à la rêverie et à l’observation de la nature.

    Le carnet rouge – Benjamin Lacombe & Agata Kawa – Editions du Seuil – 2010

    Du même auteur:

     

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    Le tango de la valseuse – Emmanuelle Florquin

    Cover Le tango de la valseuse.jpgSerge Billard préside une troupe de théâtre amateur, la Confrérie des amateurs, mais il s’ennuie. Tandis que son épouse Félicia rêve de devenir une grande comédienne, lui choisit de faire valser Valentine, la jeune assistante.

    J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman. Je ne saurais dire si cela est lié à l’aspect descriptif du texte et au peu de dialogues ou à mon absence d’empathie vis-à-vis des personnages mais ma lecture de ce titre a été plutôt laborieuse.

    Ma déception provient notamment du fait que j’attendais un roman sur le thème de la danse, comme le laisse supposer le titre, alors qu’elle n’apparait que très occasionnellement. L’accent étant mis sur les relations entre les protagonistes, loin d’être au beau fixe.

    Les personnages de ce roman sont tellement passionnés par leur art qu’ils en deviennent autistes au monde qui les entoure. N’écoutant que leur amour du théâtre ou de la danse, ils négligent la communication avec leur entourage, ce qui provoque tensions et ambiance délétère. Le couple que forment Félicia et Serge, s’il a un jour été fougueux et en harmonie, se perd dans le quotidien et la routine, chacun d’eux vit dans son monde, laissant peu de place aux projets communs et les éloignant inexorablement l’un de l’autre.

    Un roman sur l’amour de l’art et sur la passion qui fait vibrer. Un moyen de se dépasser et de s’ouvrir au monde mais aussi un repli sur soi, dans une sphère dont l’entourage peut être exclu. Un roman intéressant mais qui n’a pas réussi à me surprendre ni à m’emmener dans son sillage.

    Remerciement aux Chemin Vert Editions pour cette lecture.

     

    Le tango de la valseuse – Emmanuelle Florquin – Chemin Vert Editions – 2014

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    Moco – Jean-Claude Roullier

    Moco, Jean-Claude Roullier, Editions Thot, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, les jardins d’Eurysmée, guerre, marine, militaire, armée, combat, amour, amitié, béret vert, France, Indochine, Algérie, Etats-UnisC’est à 16 ans que Pierrot entre à l’école des mousses de Loctudy, espérant ensuite devenir béret vert, l’élite de la marine militaire. Il participera à deux guerres coloniales, en Indochine et en Algérie, connaîtra deux flamboyantes histoires d’amour et devra faire face à quelques lourds secrets de famille…

    En pleine époque du colonialisme, Moco nous plonge au cœur du quotidien des bérets verts, partis défendre les terres françaises à travers le monde. Pour ces jeunes recrues, l’éloignement familial, les affrontements permanents, la mort des compagnons et la maladie rendent le quotidien difficile mais ils vont aussi vivre de belles expériences et rencontrer des personnes qui changeront leur vie. La force de ce roman est sa grande humanité, nous plaçant au plus près de ces troupes d’élite et en particulier des attachants Pierrot et Roger.

    Malheureusement, malgré les nombreux assauts militaires décris, je n’ai pas ressenti l’action et l’adrénaline qu’ils supposent. Les très longues phrases et les nombreuses descriptions ont eu raison de moi et ont émoussé mon intérêt au fil de la lecture. C’est vraiment dommage parce que l’on imagine aisément la quantité de travail qu’a demandé ce livre en termes de recherches documentaires (détails des paysages, descriptions des mouvements de troupes et des manœuvres militaires, vie sur les camps…).

    Un roman qui plaira aux passionnés d’histoires militaires mais qui n’a malheureusement pas réussi à me retenir.

    Remerciement à l’auteur et aux Editions Thot pour cette lecture.

    Moco – Jean-Claude Roullier – Editions Thot – 2013

    Du même auteur :

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    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe & Sébastien Perez

    Cover L'herbier des fées.jpgL’herbier des fées est le journal de bord d’Aleksandr Bogdanovich, un grand scientifique russe du siècle dernier. Chargé par Raspoutine de créer un élixir d’immortalité, il se rend dans la forêt de Brocéliande pour y étudier les plantes médicinales et percer les mystères de cette forêt légendaire.

    Ce précieux carnet comprend les notes quotidiennes du scientifique, ce qui permet au lecteur de suivre l’avancement de ses recherches et de connaître le résultat de ses expériences. Agrémenté de nombreuses illustrations et croquis, l’auteur nous immerge au cœur de la forêt de Brocéliande, à la rencontre des plantes inconnues qu’Aleksandr découvre.

    Je trouve que le titre est vraiment bien choisi car ce livre constitue réellement un herbier, avec ses plantes séchées et collées, ses dessins en coupe sur papier calque, ses fiches classées par familles de plantes, etc. La seule différence avec l’herbier de notre enfance étant que les découvertes botaniques d’Aleksandr recèlent de nombreux secrets, dont celui d’abriter de minuscules petites fées, qui se cachent ci et là derrière de très jolis découpages en forme de feuillages.

    Outre son coté féerique, ce livre s’ancre également dans la réalité du moment (1914), que nous découvrons par le biais de la correspondance qu’entretien le scientifique avec son épouse restée en Russie pendant la guerre.

    L’herbier des fées est donc un livre étonnant à plus d’un titre. Le texte (de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez) fait voyager le lecteur en réveillant son âme d’aventurier et les très belles illustrations de Benjamin Lacombe terminent de nous plonger dans le monde merveilleux de la botanique et des légendes séculaires. Un livre graphique qui sort des sentiers battus et qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes, aux premiers pour son histoire fantastique et aux seconds qui seront charmés par le soin donné à la réalisation de ce très bel objet.

    L’herbier des fées – Benjamin Lacombe et Sébastien Perez – Editions Albin Michel – 2011

    Du même auteur:

     

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    Extrait L'herbier des fées 2.jpg