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    Shutter Island – Dennis Lehane

    Cover Shutter Island.jpgShutter Island est une ile nichée au large de Boston. Loin d’être un lieu paradisiaque, cet ancien fort abrite un établissement psychiatrique pour criminels. Alors qu’une patiente manque à l’appel, ce sont les marshals Teddy Daniels et Chuck Aule qui sont envoyés sur place pour tenter de retrouver la fugitive. Mais la situation est loin d’être évidente…

    Lorsque l’on s’attaque à Shutter Island, c’est un monstre de la littérature que l’on aborde. Encensé par de nombreux lecteurs et reconnu par ses pairs, Dennis Lehane est l’auteur incontournable de la littérature policière. Et il mérite bien un tel respect !

    Si le démarrage est plutôt lent du fait de la longue description des lieux, il nous emporte malgré tout très vite au cœur du sujet : la disparition d’une patiente alors qu’elle était enfermée de l’extérieur dans sa cellule.

    L’ambiance est glauque, typique de ce genre de lieu fermé, et accentuée par une tempête qui isole l’ile du continent, coupant tous les moyens de communication vers l’extérieur. Dans les années 50, toute sorte de mythes circulent sur ce genre d’établissement (expérimentations sur l’homme, lobotomisations, etc.), qui ajoutent au sordide de cette affaire. Une histoire de folie qui fait hérisser les poils tout en nous tenant en haleine du début à la fin.

    Logo Challenge Thrillers et polars.jpgShutter Island a été adapté pour le cinéma et réalisé par Martin Scorsese en 2010. J’imagine un film où l’atmosphère angoissante du livre est encore exacerbée et il me tarde de le voir.

     

    Lecture commune avec Riz-deux-Zzz

    Shutter Island – Dennis Lehane – Editions Payot & Rivages – 2003

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    Cours toujours – François Buschaud

    Cover Cours toujours.jpgAlors que le Capitaine des pompiers Vitri est appelé avec son équipe pour un feu de poubelle dans une forêt de Floride, il y découvre le corps calciné de Marion Maden, une jeune fille de 17 ans, championne du 400 mètres, qui avait disparu quelques temps plus tôt. Le Lieutenant Casano dirige l’enquête mais les efforts de la police ne mènent à rien, une autre coureuse de 400 mètres est retrouvée morte…

    Qu’il est agréable d’entamer un roman policier qui ne paie pas de mine et de découvrir une nouvelle plume prometteuse ! Parce que ce premier roman de François Buschaud vaut vraiment la peine que l’on s’y attarde !

    Avec Cours toujours, il nous immerge dans le milieu peu connu du sport de haut niveau et, en particulier, de l’athlétisme. Si l’intrigue de base semble banale, l’auteur nous fait très vite sentir le climat de suspicion et la frayeur qui contamine toute une ville à l’idée que ses filles les plus douées se fassent tuer les unes après les autres.

    Un très bon thriller, à la construction parfaite, qui nous promène de fausses pistes en rebondissements inattendus, pour terminer par un final que l’on n’attendait pas. L’histoire est lancée dès les premières pages et les intrigues se succèdent sans temps mort. Bref, tout ce que j’attends d’un policier digne de ce nom. Un auteur à suivre, à coup sûr ! 

    Seul petit bémol (mais qui peut être corrigé sans difficulté) : les nombreuses coquilles encore présentes, qui gâchent un peu la lecture.

    Cours toujours, François Buschaud, Editions Bookstory, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, athlétisme, athlète, course, jogging, meurtre, policier, thriller, polar, sport, compétition, enquêteRemerciement aux Editions Bookstory pour cette lecture.

     

    Cours toujours – François Buschaud – Editions Bookstory – 2014

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    Lire, écrire ou comment je suis devenu collectionneur de bibliothèques – Jacques Roubaud

    Cover Lire, ecrire, bibliothèque.jpgCe tout petit livre renferme un témoignage précieux, celui d’un lecteur qui partage son usage, son expérience et sa passion des bibliothèques, en tant que lieux de la transmission du savoir.

    Mathématicien de formation, Jacques Roubaud n’en est pas moins un amoureux des belles lettres puisqu’il est aussi poète et romancier. Membre de l’Oulipo depuis 1966, il s’est investi dans ce groupe international qui a pour objectif d’encourager la création à travers des contraintes littéraires (il est lui-même l’inventeur de la contrainte du baobab). Intéressé par des sujets très variés (poésie, religion…), ses recherches professionnelles et personnelles l’ont amené à se rendre dans de nombreuses bibliothèques à travers le monde, raison pour laquelle il se qualifie de collectionneur de bibliothèques.

    Maniant le verbe et l’humour avec brio, il nous livre son expérience de lecteur, tournant en dérision les classements compliqués de certaines bibliothèques et les entrées ultra sécurisées dignes des plus grandes banques. J’ai particulièrement apprécié ces petites anecdotes qui rendent la lecture vivante et font écho à un vécu personnel.

    Pour les générations actuelles, connectées en permanence et pour qui Google est le premier réflexe de recherche, le comportement de l’auteur semble relever de pratiques moyenâgeuses mais il est bon de se rappeler que le temps où il fallait se déplacer pour obtenir un livre rare ou ancien n’est pas si éloigné, alors qu’il suffit d’un clic pour l’obtenir actuellement.

    Jacques Roubaud nous livre donc ici son expérience de lecteur et place les bibliothèques que nous connaissons dans un continuum historique, pour finir par s’interroger sur l’avenir du livre et des bibliothèques face aux potentialités des nouvelles technologies.

    Pour celles et ceux qui le souhaitent, cet essai voyagera quelques temps. Offre réservée aux personnes que je connais un minimum. Toutes les infos ici.

    Lire, écrire ou comment je suis devenu collectionneur de bibliothèques – Jacques Roubaud – Presses de l’ENSSIB – 2012

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    Journal d'un écrivain en pyjama – Dany Laferrière

    Cover Journal d'un ecrivain en pyjama.jpgFort de sa propre expérience d’écriture, Dany Laferrière s’adresse aux écrivains en devenir, espérant leur donner quelques conseils et leur éviter certaines erreurs. En fait, ce texte est surtout une base de réflexion pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans l’écriture. Sans donner de recette miracle, il aborde la question de la temporalité dans le roman, du juste dosage des digressions, du public auquel on s’adresse, de l’angoisse de la page blanche… Jamais condescendant, l’auteur explique ses propos en les illustrant d’exemples, d’images et autres métaphores tirés de son propre vécu.

    Les références aux grands auteurs classiques et contemporains sont constantes car l’auteur conseille de prendre exemple sur leur travail pour comprendre la construction du roman ou les procédés utilisés pour transmettre des émotions, ce que Dany Lafferière appelle le « lire en écrivain ». A ceux qui n’ont pas de velléités d’écriture, ce journal fournira une foule d’anecdotes sur ces romanciers mais aussi quantité de titres commentés par l’auteur, ce qui ne manquera pas d’alimenter leurs listes de lecture.

    Un texte qui peut se lire d’un seul trait ou se picorer au gré des intérêts et qui nous interroge sur le travail d’écriture, qui n’en reste pas moins un travail, effectué en pyjama ou non. J’ai apprécié les prises de position de Dany Laferrière, parfois virulentes, notamment lorsqu’il s’insurge contre Pennac qui conseille au lecteur d’abandonner un livre qui l’ennuie (Comme un roman). Malheureusement, l’auteur traite aussi de sujets très éloignés de l’écriture, ce qui provoque une sensation de dispersion et empêche d’avoir une vision d’ensemble de cet essai.

    Journal d’un écrivain en pyjama – Dany Laferrière – Editions Grasset & Fasquelle – 2013

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    La vie – Régis de Sa Moreira

    la vie,régis de sa moreira,editions au diable vauvert,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,libraireQu’est-ce que La vie, sinon une succession de minuscules moments ? C’est ce que tente de nous faire comprendre Régis de Sa Moreira dans ce livre pour le moins original. Construit sur le mode de l’association de pensées, les histoires et les narrateurs se succèdent toutes les 5-6 phrases, nous invitant quelques instants dans leur quotidien.

    L’auteur saisi d’infimes instants et nous invite dans l’esprit des protagonistes le temps d’une pensée, d’un regard ou d’une réflexion, rendant ainsi visible la vie en train de se vivre et tissant un réseau de relations entre des personnes qui semblent n’avoir aucun lien entre elles.

    La vie est une sorte d’exercice de style où l’histoire importe finalement peu tant la forme du texte attire l’attention et étonne. J’ai tout d’abord été déroutée par cette narration particulière qui m’a demandé un certain effort de concentration qui a ensuite laissé place à une fluidité de lecture tout à fait normale, l’esprit s’étant sans doute adapté à cette petite gymnastique. Malheureusement, passé la première surprise, une certaine lassitude s’installe tant la structure est répétitive et l’histoire pratiquement absente. D’autant que ces petits morceaux de vie nous laissent avec la frustration de ne pas pouvoir approfondir la vie de tous ces personnages et d’être contraints de se limiter à quelques pensées bien éphémères.

    J’avais découvert Régis de Sa Moreira avec Le libraire, qui mettait le lecteur face à un personnage un peu étrange, et je le retrouve ici avec un roman inclassable, ce qui me donne envie de découvrir plus avant ses publications.

    la vie,régis de sa moreira,editions au diable vauvert,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,libraireLa vie – Régis de Sa Moreira – Editions Au diable vauvert – 2012

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