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    Contes et récits – Roger Hadjadj

    Cover Contes et récits - Présence D.jpgCe recueil regroupe 22 nouvelles, qui sont en fait des contes issus de la tradition juive. J’ai toujours été intéressée par ce type de récits qui mêlent magie et moralité mais, autant l’avouer d’emblée, ce recueil m’a profondément déplu.

    Je m’attendais à des contes traditionnels, peut-être revisités. Mais je me suis trouvée confrontée à des histoires très simplistes où des personnes se trouvent confrontées à un problème quelconque (argent, maladie, inondation…) et demandent à Dieu de leur venir en aide, ce que celui-ci fait bien évidemment. 

    Cet aspect rudimentaire est conforté par le manque de détails, qui rend impossible tout positionnement des nouvelles dans le temps ou dans l’espace. En effet, l’auteur ne fournit aucune indication sur les lieux et l’époque où se déroulent les événements. De la même façon, ni personnalité ni le physique des protagonistes ne sont mentionnés, leur pauvreté étant tout ce qui les caractérise.

    De façon générale, ma lecture a été quelque peu gâchée par une mise en page qui laisse à désirer (tirets de dialogues placés aux mauvais endroits, nombreuses coquilles) ainsi que par un manque d’explications par rapport aux sujets traités (fêtes, vocabulaire spécifique), ce qui laisse penser que ce recueil est destiné à un public déjà au fait des coutumes juives.

    En bref, un recueil de nouvelles qui distille les éternelles recommandations sur les vertus de la modestie, de la bienveillance et de l’honnêteté mais qui n’a pas d’intérêt littéraire.

    Je remercie cependant les Editions Publibook pour cette lecture.

     

    Contes et récits-Présence D – Roger Hadjadj – Editions Publibook – 2011

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    Coda – Marc Spaccesi

    Cover Coda.jpgLéa était âgée de 16 ans lorsqu’elle est décédée d’un accident de scooter. Il y a deux ans de cela. Mais la vie de sa mère, Mathilde, s’est arrêtée à cette date, incapable de retrouver la joie de vivre alors que tout, dans le quotidien, lui rappelle sa fille. Jusqu’au jour où l’écoute d’une symphonie de Schubert la bouleverse, la rapprochant sans le savoir de sa fille et de la vie.

    Un roman qui mêle le thème difficile de la mort d’un enfant à celui, original, de la musique. Il est connu que la musique, comme d’autres formes d’art, peut avoir un effet salvateur pour les personnes dépressives mais peut-elle provoquer de tels symptômes physiques chez un être humain ? C’est en tout cas ce que semble croire l’auteur de Coda, qui fait de la musique classique le moyen qui aidera Mathilde à sortir de la coquille dans laquelle elle s’était enfermée depuis la mort de sa fille.

    On ressent la douleur de cette mère, sa difficulté à reprendre une vie normale mais Marc Spaccesi ne tombe pas dans la facilité qui consisterait à émouvoir le lecteur par des lamentations sans fin. Ici, c’est l’espoir, le positivisme et l’envie de s’en sortir qui dominent. J’ai d’ailleurs bien aimé ces petites bouffées d’oxygène que sont les extraits de conversations fictives entre Mathilde et Léa, où elles se taquinent sur des questions de petit ami, de tatouage, etc.

    Un beau roman qui se lit avec, en fond sonore, Led Zeppelin, Neil Young et bien évidemment Schubert, pour ressentir toute l’intensité de l’histoire et s’immerger dans le monde de Mathilde, passionnée de musique.

    Remerciement aux Editions Bookstory pour cette découverte musicale.

    Coda – Marc Spaccesi – Editions Bookstory – 2012

    Du même auteur:

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    Ainsi résonne l'écho infini des montagnes – Khaled Hosseini

    Cover Ainsi résonne l'écho infini des montagnes.jpgDans le village de Shadbagh, Abdullah, dix ans, veille sur sa petite sœur Pari, trois ans. Entre les enfants, le lien est indéfectible, un amour si fort qu’il leur permet de supporter la disparition de leur mère, les absences de leur père en quête désespérée d’un travail et ces jours où la faim les tenaille. Mais un évènement va venir distendre ce lien, un choix terrible qui modifiera à jamais le destin des deux jeunes vies, et de bien d’autres encore…

    6 ans après Mille soleils splendides, Khaled Hosseini revient avec ce troisième roman, qui démarre dans l’Afghanistan des années 50 pour se terminer de nos jours. Soixante années que nous parcourons au fil des chapitres, chacun d’eux donnant la parole à un protagoniste de l’histoire, qui revient sur son passé pour mieux nous éclairer sur la situation vécue par Abdullah et Pari. Le roman est construit comme un puzzle dont chaque pièce est un chapitre, le motif global se mettant en place petit à petit, au fil de notre lecture et de notre découverte.

    Plutôt que de nous laisser porter un jugement sur la décision terrible qui a été prise par le père d’Abdullah, ce roman pousse à la compréhension et à l’empathie vis-à-vis de l’autre. Il rappelle que chaque être humain a ses failles et ses blessures, avec lesquelles il vit tant bien que mal mais que toutes ces expériences font l’homme ou la femme qu’il est devenu. Jusqu’au jour où ces plaies s’ouvrent à nouveau, au détour d’un regard ou d’un souvenir… et tous ces efforts s’effondrent comme un château de carte.

    Ces retours dans le passé des personnages, s’ils nous éclairent sur leur personnalité actuelle, m’ont parfois parus très longs et j’ai plus d’une fois perdu le fil du roman en raison de ces parenthèses  qui auraient pu être résumées.

    J’ai également été marquée par l’amour que l’auteur porte à son pays d’origine, qui transparait dans son écriture, tout en portant un regard critique sur le gouvernement et les familles riches qui ont profité de la guerre pour spolier des villageois de leurs terres alors qu’eux-mêmes survivaient dans des camps de fortune au Pakistan tout proche.

    Ainsi résonne l’écho infini des montagnes est une grande histoire d’amour, de loyauté et de sacrifice qui nous laisse avec une boule dans la gorge tellement l’émotion est forte. Un très beau roman, qui m’a permis de retrouver avec plaisir l’écriture de Khaled Hosseini.

    Ainsi résonne l’écho infini des montagnes – Khaled Hosseini – Editions Belfond – 2013

    Du même auteur :

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    Le fusil de chasse – Yasushi Inoue

    Cover le fusil de chasse.jpgAprès que le narrateur ait écrit un poème sur le thème de la chasse pour une revue spécialisée, il reçoit un courrier d’un chasseur qui s’est reconnu dans la description et lui propose de lire les trois lettres qu’il a reçues, provenant de trois femmes différentes.

    Ce très court roman nous raconte l’éternelle histoire du couple maudit, mêlant amour et passion mais aussi adultère, secrets et vengeance.

    Pour avoir déjà lu d’autres auteurs japonais, j’ai retrouvé ce style d’écriture typique fait de textes simples et clairs, une économie de mots qui abouti à un ensemble d’une grande poésie. J’ai particulièrement apprécié les références à la nature qui permettent à Yasushi Inoué d’exprimer les émotions ou le lien qu’il fait entre l’amour et les champs de fleurs.

    Et si j’ai apprécié le style épuré du récit, je n’ai par contre pas été touchée par ce roman qui m’a semblé froid et détaché.

    Le fusil de chasse – Yasushi Inoué – Editions Stock – 1990

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    Rue des italiens – Girolamo Santocono

    Cover Rue des italiens.jpgJe profite de ce mois belge pour enfin lire ce roman inspiré de la vie de l’auteur, qui raconte aussi un peu mon histoire. Quand un bout d’Italie installe ses quartiers dans la région du Centre…

    Petit topo historique avant de parler du roman en tant que tel.

    Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le Premier ministre belge Achille Van Acker compte sur l’industrie minière pour  relancer l’économie. Mais les belges refusent de descendre dans les mines, ce qui oblige le gouvernement à se tourner vers la main d’œuvre étrangère. De son coté, l’Italie est exsangue, le travail manque cruellement et les jeunes se tournent volontiers vers l’étranger à la recherche d’un meilleur avenir. C’est ainsi que les accords italo-belges de 1946 voient le jour. L’échange est clair : l’Italie envoie des ouvriers qui travailleront dans les mines contre un prix avantageux sur la tonne de charbon. Le contrat de base est de 5 ans, avec possibilité d’exercer un autre métier ensuite. Au vu des salaires annoncés, nombre d’italiens pensaient faire fortune et retourner au pays au bout de ces cinq années, mais l’arrivée des épouses et des enfants les a finalement décidés à s’installer définitivement dans le plat pays.

    Rue des italiens nous plonge donc au cœur de la Belgique des années 50 sous l’angle de vue italien puisque le narrateur n’est autre que le fils d’un mineur, que nous suivrons tout au long de son enfance.

    Etant moi-même petite-fille d’immigrant italien, ce roman a évidement résonné en moi de façon particulière. J’y ai retrouvé l’ambiance festive qui prédomine dans la communauté italienne et je n’ai pu m’empêcher de sourire face aux expressions typiques. Pourtant, la vie n’était pas facile : le travail harassant, le maigre salaire, la vie difficile dans les anciens camps de prisonniers allemands, les risques du travail. Comme cet été 1956 où l’écroulement d’une mine fait 263 morts à Marcinelle, en majorité des mineurs italiens.

    L’écriture est proche du langage oral et donne l’impression qu’un ami nous raconte l’histoire de sa famille en toute simplicité mais en maniant parfaitement l’humour et la dérision. Et si le roman est basé sur le discours d’un enfant, le regard du sociologue n’est jamais très loin et l’auteur décortique certains phénomènes ou comportements (racisme, discrimination…) en tentant de leur donner une signification, en référence à l’Histoire ou aux personnages importants de l’époque. D’ailleurs, et c’est ce qui fait aussi l’intérêt de ce roman, on sent que le thème de l’immigration italienne en Belgique a fait l’objet d’une importante recherche documentaire de la part de Girolamo Santocono.

    Logo mois belge.jpgUn roman intéressant pour son incursion dans l’histoire belge mais aussi pour le plaisir que cette écriture populaire procure.

     

    Rue des Italiens – Girolamo Santocono – Editions du Cerisier – 2001