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Lolita – Vladimir Nabokov

Cover Lolita.pngPeu de temps avant son procès pour meurtre, Humbert Humbert confie son intérêt pour les jeunes filles pré-pubères et raconte sa passion dévorante pour sa belle-fille Lolita.

A la lecture de ce roman, deux mots me viennent à l’esprit : malaise et longueur.

Le récit nous plonge au cœur des pensées de ce pédophile puisque c’est Humbert Humbert lui-même qui nous narre son intérêt croissant pour les petites filles. Il consigne ses impressions dans un journal intime et nous fait part des fantasmes que lui inspire la vue de ces jeunes corps à peine formés. Si les scènes sexuelles sont plus ou moins explicites selon les chapitres, elles ne laissent cependant aucune place à l’interprétation et provoquent un malaise grandissant.

À la découverte de ce penchant, il se sent d’abord coupable, montrant ainsi qu’il a bien intégré le tabou de la société sur ce sujet. Comme la plupart des pédophiles, il se défend en affirmant que ce sont ces « nymphettes » qui l’aguichent et en faisant référence aux usages d’autres pays ou de personnages historiques. Mais il va peu à peu accepter ses pulsions et tenter de les satisfaire par tous les moyens (manipulation, mariage blanc, projets de meurtre…).

Le malaise provoqué par cette histoire tient également du fait qu’Humbert Humbert prend le lecteur à parti (« Cher lecteur »), ce qui nous implique dans le récit, nous donnant le rôle désagréable de voyeur.

Et si le sujet provoque un malaise, l’aspect très descriptif du récit n’aide pas à entrer dans le texte. Les phrases sont très longues, marquées par de nombreuses digressions. J’avoue m’être ennuyée…

Lolita est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature moderne et c’est à ce titre que sa lecture me paraissait intéressante. Bien que je pressente une lecture difficile, je n’en attendais rien de particulier. Malheureusement, ce fut une réelle déception et je n’ai qu’une envie, me lancer dans une lecture plus réjouissante pour oublier bien vite les images malsaines que ce roman a suscitées.

Logo Challenge ABC2013.jpgVoyez aussi les avis de AmaniteBibliophile et Dareel sur ce roman.

 

Lolita – Vladimir Nabokov – Editions Gallimard – 1959 

Commentaires

  • Je n'avais jamais réfléchi à cette interpellation du lecteur comme facteur de malaise, tiens! Mais c'est tout à fait vrai, ça nous pousse à une certaine implication, alors que tout ce qu'on voudrait c'est garder le plus de distance possible...

  • Une œuvre qui a fait et fera toujours débat...
    Je tenterai peut-être un jour pour me faire ma propre opinion.

  • Je pense effectivement que c'est la meilleure chose à faire. Là où certains lecteurs n'arrivent pas à dépasser le premier degré (comme moi), d'autres y décèlent l'expression d'un amour incroyable ou apprécient particulièrement le style. Le débat reste ouvert...

  • Je l'ai lu avec plaisir, sans regret non plus ni malaise. Mais je reconnais ne pas être tentée par une relecture.

  • Je te rejoins sur ce dernier point: pas de relecture pour moi non plus!

  • Je devrais le lire mais j'avoue que je trouve la littérature russe très sombre. A chaque essai, j'ai l'impression de me retrouver transportée dans le clip "Désenchantée" de Mylène Farmer.

  • Je ne connais pas suffisamment la littérature russe pour avoir une bonne vision d'ensemble mais c'est vrai qu'elle ne m'a jamais tentée outre mesure. Peut-être que je devrais m'y intéresser un peu plus...

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