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    J’ai treize envies – Anna Galore

    Attention ! Public averti !

    Cover J'ai treize envies.jpgAnna Galore a déjà publié plusieurs romans mais c’est par ce recueil de nouvelles érotiques que je la découvre. A travers treize histoires courtes, elle met en scène des relations hétéro et homosexuelles, de la rencontre à l’acte proprement dit. Les ébats se déroulent entre partenaires d’un même couple mais aussi à plusieurs, le consentement étant évidemment toujours d’application.

    Même si je n’ai pas une grande expérience de la littérature érotique, j’ai l’impression que l’auteure reste dans le traditionnel, en mettant ses personnages dans des situations déjà connues : voyeurisme, échange entre meilleurs amis, tromperie de vacances, rêve érotique ou jeux sexuels. Elle joue aussi sur les symboles habituels de l’interdit (le couvent, l’église, l’autorité…). Rien de très original donc.

    Malgré cela, je dois dire que j’ai été agréablement surprise. Voilà un livre qui va droit au but avec efficacité, sans détours inutiles et qui éveille les sens. Au-delà du thème, il faut bien l’avouer, un peu sulfureux, Anna Galore arrive, quelle que soit la situation, à nous mettre dans la peau du personnage principal, qu’il soit homme ou femme.

    Petite curiosité de ce recueil, la dernière nouvelle fait constamment référence aux histoires précédentes en utilisant un mot, une expression ou un lieu qui a été cité auparavant. Intéressant et original.

    J’ai treize envies se déguste comme une sucrerie que l’on veut faire durer. Lire une nouvelle par jour pour prolonger le plaisir et émoustiller ses sens me parait être une bonne thérapie contre la morosité. À lire seule-e ou en couple ;-)

    J’ai treize envies, Anna Galore, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, extrait, premier chapitre, nouvelles, érotique, sexe, sexualité, relations sexuelles, hétéro, homo, extrait, premier chapitre, livre numérique, ebookDécouvrez la première nouvelle de ce recueil !

     

     

    J’ai treize envies – Anna Galore – Editions du Puits de Roulle – 2010 

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    Tragédies salutaires – Dario Bicchielli

    Cover Tragédies salutaires.pngAmour et haine, liberté et oppression, éveil et repos, vie et mort, des mondes antagonistes aux frontières subtiles et capricieuses. Dans ce recueil, ces univers se côtoient sans cesse, se chevauchant et s’alternant au gré des péripéties de parfaits antihéros dont l’anonymat transcende les forces et les faiblesses de la condition humaine.

    Jeune auteur belge, Dario Bicchielli nous propose un premier ouvrage sous la forme d’un recueil plutôt étonnant. Mêlant nouvelles d’une certaine longueur, poèmes et textes ultracourts, Tragédies salutaires est un petit ovni littéraire qui souffle un vent nouveau sur le recueil de nouvelles.

    On y retrouve des héros qui n’en sont pas vraiment, confrontés aux petites tragédies du quotidien mais qui les affrontent pour en tirer quelque chose de positif. Les différentes histoires racontées sont l’occasion de faire un bilan de sa vie et de l’avenir que l’on se dessine. On y aborde les questions morales et philosophiques sans aucune lourdeur. J’attribuerais une mention spéciale pour Le miel et le vinaigre, sorte de conte moderne qui m’a étonnée et touchée.

    Le style de l’auteur est également intéressant car il combine humour et jeux de mots avec justesse, établissant une sorte de jeu avec le lecteur, qu’il prend plaisir à berner avec des retournements de situations impensables, qui nous font voir une situation sous un angle différent.

    Au terme de cette lecture, je me sens perplexe car j’ai eu du mal à entrer dans ce recueil malgré l’apriori positif que j’en avais. Néanmoins, je lui reconnais de l’originalité (jeux de mots et belles trouvailles langagières) et un propos qui fait réfléchir sur la société et notre comportement.

    Remerciement à Mon Petit Editeur pour cette découverte.

    Tragédies salutaires – Dario Bicchielli – Mon Petit Editeur – 2013 

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    Une parisienne à Bruxelles – Caroline Gravière

    Cover Une parisienne à Bruxelles.jpgLydie est mariée depuis trois mois avec Alphonse Van Zee, un ingénieur belge. Elle a donc quitté sa ville natale de Paris et sa mère pour s’installer avec son époux dans notre plat pays. Après une lune de miel fabuleuse, le jeune couple se voit contraint d’emménager quelques temps dans la famille d’Alphonse le temps d’un chantier qui le retient sur Bruxelles. Mais l’ambiance est loin d’être idéale et Lydie en vient rapidement à regretter cette cohabitation forcée.

    Caroline Gravière (Estelle Crèvecoeur de son vrai nom) nous livre ici un roman léger qui caractérise bien la vie de la bourgeoisie du 19e siècle dans la capitale belge.

    L’auteure nous narre le quotidien d’une jeune mariée débarquée à Bruxelles. Contrainte de s’installer chez sa belle-mère et ses filles en raison d’un chantier qui occupe son mari sur place, la jeune parisienne en verra de toutes les couleurs ! Car Madame Van Zee a trois filles qu’elle cherche à marier à tout prix et il se trouve que Lydie, par sa beauté et son érudition, leur fait de l’ombre !

    Éloignée de sa mère restée à Paris, Lydie lui écrit une longue lettre et lui raconte son quotidien. La belle-mère qui mène sa maison à la baguette, la décoration surannée mais, surtout, les manigances mises en place pour trouver un mari. On promène et on exhibe les filles, on critique les concurrentes potentielles, on colporte des rumeurs, on s’informe sur les jeunes étalons disponibles, on tient salon et on se montre sous son plus beau jour pour attirer les portefeuilles les plus opulents. Mais de savoir-faire ménager ou culinaire il n’en est point question ! La bourgeoise de 1875 se contente de faire un bon mariage pour ensuite mener ses domestiques à la baguette.

    Par le biais de Lydie, l’auteure nous livre une vision moderne de la condition féminine, préconisant l’apprentissage d’un métier et l’accès à la culture pour favoriser l’autonomie de la femme. Pour qu’elle puisse choisir entre travail et mariage et non plus envisager les noces comme un moyen de subsistance. Lydie, par son éducation, son érudition et sa culture, porte haut les revendications féminines que défendait Estelle Crèvecoeur.

    En lisant cette longue lettre, on ne peut s’empêcher de penser au conte de Cendrillon, obligée de supporter une marâtre acariâtre et ses filles laides et méchantes.

    Une parisienne à Bruxelles est un roman un peu moqueur, qui nous présente le mode de vie du 19e siècle de façon caricaturale mais qui a l’avantage de promouvoir une vision de la femme différente de ce qui se fait à l’époque. Une belle découverte rendue possible grâce aux Editions Onlit Books, que je remercie.

     

    Une parisienne à Bruxelles – Caroline Gravière – Onlit Books – 2013 

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    Le manuel du sérial killer – Frédéric Mars

    Cover Manuel du serial killer.jpgThomas Harris, 21 ans, est étudiant en 4e année de Lettres à Harvard. Il travaille comme stagiaire dans une petite maison d’édition où son job consiste à trier les manuscrits avant passage devant le comité de lecture. Il tombe ainsi sur le Manuel du sérial killer, un texte dans lequel l’auteur décrit les meilleures techniques pour tuer sans se faire prendre. Sans hésitation, Thomas le classe dans la pile « A jeter ». Mais quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il retrouve ce livre quelques temps plus tard en librairie avec son nom en couverture !  Et comme, parallèlement à cet épisode, plusieurs enfants sont assassinés, le lien entre le Manuel et les meurtres est rapidement établi. A lui de prouver son innocence…

    Le lien permanent entre Le manuel du serial killer tel qu’il a été écrit par Frédéric Mars et celui découvert par Thomas Harris se manifeste à plusieurs niveaux.

    Ainsi, j’ai aussi trouvé intéressant le fait que Frédéric Mars se serve de la théorie du tueur dans le chapitrage de son roman. On y distingue trois grandes parties :

    • La révélation où la future victime (nous) se fait connaitre de son meurtrier (Frédéric Mars) en s’intéressant au roman et en entamant sa lecture ;
    • L’apprentissage où l’un et l’autre font connaissance à travers le roman ;
    • Le partage : moment fatidique où le bourreau passe à l’acte avec le consentement de sa victime. Les éléments déterminants de l’affaire tombent alors les uns après les autres pour bluffer complètement le lecteur par un final vraiment étonnant.

    Parce que c’est à la lecture des dernières pages que l’on se rend compte que ce un roman policier sort de l’ordinaire. Le fait qu’il y ait deux « fins » est déjà en soi un concept original mais le fait qu’elles se distinguent de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent ajoute à son aspect non-conformiste.

    La narration à la première personne est aussi très efficace puisque l’on a l’impression que Thomas Harris s’adresse à nous, ce qui nous implique d’emblée dans le récit. Et si j’ai trouvé que le démarrage était plutôt lent, dès que les révélations ont commencé à tomber, je me suis prise au jeu et n’ai plus pu me détacher de ce roman.  J’ai aimé le fait que l’auteur joue avec nos nerfs (Je vous raconte la suite ? Non, je vais plutôt vous parler de moi…).

    Une autre particularité du roman est liée aux changements de rythme, qui me sont apparus plusieurs fois au cours de la lecture. On retrouve ainsi des chapitres où l’histoire s’accélère par la découverte successive de nouvelles informations tandis que d’autres sont extrêmement détaillés, ce qui a pour effet de ralentir la lecture et demande une adaptation continue.

    Le manuel du sérial killer est une vraie découverte, qui me donne envie de lire les autres romans de l’auteur. Tous mes remerciements à Frédéric Mars pour m’avoir fait parvenir ce titre.

     

    Logo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgLe manuel du serial killer – Frédéric Mars – Hachette Livre – 2013 

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    Colombe – Eric Brucher

    Cover Colombe.jpgPaola est une adolescente anorexique. Non pas qu’elle refuse de manger pour tester les limites de son entourage ou pour ressembler aux mannequins mais, simplement parce qu’elle, c’est son âme qu’elle veut nourrir. Paola rêve d’absolu, de rejoindre l’immensité du ciel et de ressentir la liberté totale que connaissent les oiseaux.

    La première partie de ce texte est moins un roman qu’une réflexion philosophique sur le sens de l’existence, l’envie d’absolu, la mort et la recherche de spiritualité. Par la narration à la première personne, Paola nous prend à témoin du mal-être qu’elle vit. Elle ressent son corps comme une prison, un tombeau dont la mort la libèrera et elle trouve, dans la philosophie et les légendes, des outils qui nourrissent sa réflexion.

    Son refus de s’alimenter malgré les injonctions du médecin et les tentatives de chantage de sa mère la conduisent à l’hospitalisation forcée. Puis, c’est la mise au vert, le lien familial qui se rétablit, la découverte d’autres modes de vie, l’ouverture à la nature et au chant. Et, peu à peu, la vie qui reprend ses droits, les barrières que Paola avait érigées en elle tombent les unes après les autres, libérant la belle colombe…

    Plus émotionnelle, c’est cette deuxième partie qui m’a le plus touchée. La retraite campagnarde de la jeune fille l’amène à faire des rencontres et de nouvelles expériences, elle découvre l’amitié et la bienveillance. Sur ce point, je trouve que la narration est proche de celle de Barbara Constantine, douce, emprunte de beaucoup de respect et émouvante.

    Le thème de l’anorexie est développé de façon subtile, sans jugement ni complaisance mais avec justesse. Et nous fait voir à quel point les non-dits peuvent avoir une influence néfaste sur les enfants.

    Un beau roman qui émeut et touche pour qui saura dépasser les premiers chapitres plus philosophiques.

    L’auteur présentera son roman à la Bibliothèque communale de Boussu (Belgique) le 14 juin 2013 à 19h30. L’entrée est gratuite ;-)

    Logo Challenge Luce Wilquin.JPG

     

    Un 5e titre pour le Challenge Luce Wilquin de Minou.

     

     

    Colombe – Eric Brucher – Editions Luce Wilquin – 2011