• 1 commentaire

    La tulipe du mal – Jorg Kastner

    Cover La tulipe du mal.jpg8 mai 1671 à Amsterdam. Balthasar De Koning, un banquier notoire, se fait tuer alors qu’il sort de sa réunion hebdomadaire au café Les Trois Tulipes. Rapidement, d’autres meurtres de personnalités publiques ébranlent la ville et il apparait que toutes font partie d’un groupuscule appelé les Vénérateurs de la tulipe. C’est l’Inspecteur Katoen qui est chargé de l’enquête, secondé par ses deux lieutenants Kampen et Dekkert. Le fait que les victimes sont retrouvées avec un pétale de tulipe rare dans la main va pousser les enquêteurs à s’intéresser de plus près à l’histoire de la tulipe et aux nombreux spécialistes qu’abrite Amsterdam en la matière.

    Plongée dans la ville d’Amsterdam au 17e siècle avec ce polar historique qui m’a emportée dans son sillage sans que je m’en aperçoive !

    Au niveau historique, La tulipe du mal est un roman qui permet d’apprendre énormément de choses. On découvre la tulipe sous un autre jour puisque l’auteur nous dévoile son histoire, son arrivée aux Pays-Bas et la spéculation dont elle a été l’objet au 17e siècle, mettant pas mal de familles sur la paille et provoquant La fièvre de la tulipe. Nous découvrons des mœurs d’un autre temps, notamment marqué par l’absence de règles en matière de droits humains (en témoigne la fameuse cave aux fouets, qui permettait de faire avouer les détenus les plus difficiles). Mais ce polar est aussi l’occasion de mieux comprendre l’origine de la guerre politique fomentée par les rois Louis (France) et Charles (Angleterre) contre les Pays-Bas dans l’unique objectif d’étendre leur zone d’influence.

    C’est dans ce contexte que la ville d’Amsterdam est confrontée à une série de meurtres. Et alors que la liste des suspects s’allonge, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés, une lutte de pouvoir est mise à jour et les masques tombent. Un très bon roman policier qui combine rebondissements, suspense, trahison et manipulation. Pas facile pour notre Inspecteur Katoen de démêler le vrai du faux, surtout si l’amour s’en mêle…

    Petit bonus offert par Jorg Kastner en fin d’ouvrage, il explique d’où lui vient son inspiration et distingue les personnages et évènements qui ont réellement existés de ceux qui sont issus de son imagination.

    Alors que je ne suis pas la plus grande fan des romans historiques, je dois avouer que La tulipe du mal m’a emportée dans son élan et j’ai vraiment apprécié cette balade dans le temps. Il ne fait aucun doute que les autres romans de cet auteur vont être ajoutés à ma wish-list !

    Logo Prix des lecteurs.pngLogo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgPrix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar.

    Challenge thrillers et Polars de Liliba

    La tulipe du mal – Jorg Kastner – Editions Jean-Claude Lattès – 2011

  • 5 commentaires

    Le prisonnier du ciel – Carlos Ruiz Zafon

    Cover Le prisonnier du ciel.jpgBarcelone, Noël 1957. À la librairie Sempere, un inquiétant personnage achète un exemplaire du Comte de Monte Cristo. Puis il l'offre à Fermín, accompagné d'une menaçante dédicace. La vie de Fermín vole alors en éclats. Qui est cet inconnu ? De quels abîmes du passé surgit-il ? Interrogé par Daniel, Fermín révèle ce qu'il a toujours caché. La terrible prison de Montjuïc en 1939. Une poignée d'hommes condamnés à mourir lentement dans cette antichambre de l'enfer. Parmi eux Fermín et David Martín, l'auteur de La Ville des maudits. Une évasion prodigieuse et un objet volé. Dix-huit ans plus tard, quelqu'un crie vengeance. Des mensonges enfouis refont surface, des ombres oubliées se mettent en mouvement, la peur et la haine rôdent.

    Troisième et dernier tome de la Trilogie du Cimetière des livres oubliés, Le prisonnier du ciel nous permet de retrouver les personnages découverts dans L’ombre du vent et Le jeu de l’ange. Daniel Sempere toujours aussi curieux et casse-cou, Fermin déchiré entre ses amours et ses ennuis avec le pouvoir en place et Sempere Père qui tente le tout pour le tout pour sauver sa librairie de la faillite.

    Des rebondissements, de l’action, du suspense, des coups bas, on ne s’ennuie pas une seule seconde à la lecture de ce roman complexe. Mais cette fois, en mettant l’accent sur le passé de Fermin, véritable héros de ce roman, Carlos Ruiz Zafon nous permet de mieux comprendre certains évènements qui se sont déroulés dans les tomes précédents et de faire des liens entre les personnages.

    Encore une fois, l’auteur espagnol nous livre un très bon roman qui nous fait faire un bond dans l’Histoire puisque l’on se retrouve dans la ville de Barcelone sous la dictature de Franco. Mais c’est aussi une belle histoire de confiance, d’amitié et d’amour.

    À lire absolument si vous avez aimé les deux tomes précédents !

    Remerciement aux Editions Robert Laffont pour cette très belle lecture.

    Le prisonnier du ciel – Carlos Ruiz Zafon – Robert Laffont – 2012 

    Du même auteur:

  • 4 commentaires

    Sur la pointe des mots – Marie France Versailles

    Cover Sur la pointe des mots.jpgUne femme qui a eu une vie bien remplie revient sur ses souvenirs : les enfants qui quittent le nid familial, le mariage de sa fille devenue une jeune femme, l’arrivée de petits-enfants dans la famille… Et l’envie, à un moment donné, de s’arrêter pour passer le flambeau à ceux qu’elle aime, leur dire au revoir tant qu’elle peut encore le faire. Pour cela, elle choisit de passer par l’écriture, tout comme Dhuoda l’a fait, 1100 ans plus tôt, en rédigeant un manuel à l’attention de son fils parti au combat.

    Un roman magnifique, vibrant comme un poème, qui nous submerge d’émotions.

    Sur la pointe des mots initie une réflexion sur la fin de vie, la vieillesse et les relations à la famille. A plusieurs reprises, les souvenirs évoqués par la narratrice ont fait écho à mon propre vécu et m’ont rappelé des épisodes de ma propre enfance.

    Et, plusieurs fois, au détour d’une phrase ou d’un paragraphe, j’ai ressenti la nécessité de stopper ma lecture pour plonger dans mes propres souvenirs et me mettre dans la position de la narratrice. Avec une question qui revenait « Et moi, qu’aurais-je envie de laisser à mes enfants ? »

    C’est aussi un roman intéressant au niveau historique car il dresse le portrait d’une enfance qui s’est déroulée dans les années 1950 en Belgique, ce qui nous donne un aperçu de la vie de l’époque.

    Des mots simples d’une grande tendresse, qu’une femme adresse à ses enfants et à ses petits-enfants et, par moments, sans qu’on la sente venir, l’émotion qui nous submerge, la gorge qui se serre et les larmes qui montent… Un roman qui touche droit au cœur !

    Logo Challenge Luce Wilquin.JPGMa 3e lecture pour le challenge Luce Wilquin de Minou.

    Merci à toi d’avoir fait voyager ce roman !

     

    Sur la pointe des mots – Marie France Versailles – Editions Luce Wilquin – 2012 

  • 2 commentaires

    Fille de rouge – Isabelle Alonso

    Cover Fille de rouge.jpgAnna Alcala a 11 ans et s’apprête à entrer au lycée. Passage important s’il en est, l’entrée chez « les grands » va la faire sortir de son cocon d’enfant et va la confronter au monde des adultes. Elle va faire l’expérience de l’amitié, découvrir son corps d’adolescente qui change, s’interroger sur l’amour et s’offusquer des différences sociales.

    Mon avis sur ce roman est plutôt mitigé.

    À la lecture, c’est un roman qui amuse parce que l’on suit les pseudos aventures d’une adolescente, fille d’immigrés espagnols, avec sa maitrise approximative du français, ses soucis face à un corps qui change… Le monde léger d’une jeune fille sans problème mais dont le passé et l’ascendance a toute son importance dans la vie quotidienne. L’écriture est assez crue mais je trouve qu’elle respecte bien le franc parlé des jeunes de cet âge-là.

    Il y a aussi des références historiques puisque l’on aborde la guerre d’Espagne et la vie quotidienne de la population pendant la dictature de Franco. Le titre renvoie d’ailleurs directement à cette période, « Les rouges » étant le nom donné aux révolutionnaires espagnols pendant la guerre, dont le père d’Anna a fait partie. Anna elle-même est une jeune fille en révolution. Elle déclare la guerre à son corps qui change, aux conventions et aux inégalités sociales, au rôle réservé à la femme dans la société.

    Enfin, le rouge est la couleur du sang et, notamment, du sang féminin. Celui-là même qui relie Anna aux autres femmes de sa famille (sa mère Libertad, sa grand-mère Virtudes) et permet de mettre en perspective la vie de trois générations de femmes fortes et rebelles.

    Malheureusement, une fois le livre refermé, le bilan est plutôt maigre. Ce roman ne laissera pas de trace durable dans ma mémoire parce qu’il manque de consistance.

    Fille de rouge, Isabelle Alonso, Editions Héloïse d’Ormesson, Espagne, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, sang, guerre, révolution, roman, pocket

     

    Fille  de rouge – Isabelle Alonso – Editions Héloïse d’Ormesson – 2009 

  • 1 commentaire

    Le diable dans la ville blanche – Erik Larson

    Cover Le diable dans la ville blanche.jpg1893 : à l’occasion de l’Exposition universelle de Chicago, l’architecte Daniel H. Burnham est chargé de concevoir une cité de rêve, la Ville blanche. Dans l’ombre du chantier, H. H. Holmes, un jeune et séduisant médecin, est en réalité l’un des tueurs en série les plus terrifiants de l’histoire du crime.

    Ce roman joue principalement sur le conflit entre la Ville blanche créée de toute pièce par les meilleurs architectes américains et la ville noire qu’est Chicago, marquée par des odeurs pestilentielles et la saleté. C’est aussi l’occasion d’envisager l’Exposition universelle selon deux points de vue, l’un artistique et l’autre meurtrier et financier.

    Il nous plonge au cœur du 19e siècle avec les télégraphes, les bateaux à vapeur, l’émergence de l’électricité, les épidémies de toutes sortes… mais aussi le chômage, déjà très présent à l’époque.

    Alors que la couverture annonce un thriller, je qualifierais davantage Le diable dans la ville blanche de récit historique. Erik Larson a effectué une recherche documentaire extrêmement fine et détaillée sur l’organisation de l’Exposition universelle de Chicago. Le texte est émaillé d’extraits d’articles de presse et de discours officiels, il a même trouvé le menu dégusté par les architectes lors de leurs réunions de concertation !

    Malheureusement, l’accumulation de détails, la narration linéaire et la prédominance d’informations techniques liés aux choix architecturaux rend le tout peu digeste. Il m’a fallu un certain temps pour entrer dans l’histoire et le fait que le texte soit uniquement composé de descriptions, sans aucun dialogue, n’a pas aidé.

    Et si l’auteur a trouvé énormément d’informations sur l’exposition et son organisation, l’histoire de Holmes est quant à elle passée inaperçue à l’époque. Il a donc trouvé peu d’informations à ce sujet. Ce qui peut expliquer le fait que tout ce qui a trait au tueur en série est suggéré. Si Holmes est réellement un tueur en série (on estime à 200 le nombre de ses victimes), Erik Larson n’en parle pas  de façon ouverte et ne donne que de rares détails. Dommage parce que c’est cette partie du roman que je voulais découvrir…

     

    le diable dans la ville blanche,erik larson,le cherche midi,livre de poche,prix des lecteurs livre de poche,polar,récit historique,histoire,chicago,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,meurtre,enquête,policier,thriller

     

    Logo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgLogo Prix des lecteurs.pngEt un de plus pour le challenge Thrillers et polars de Liliba !

    Prix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar.

     

    Le diable dans la ville blanche – Erik Larson – Le cherche midi – 2011