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    Avant d'aller dormir – Steve J. Watson

    Cover Avant daller dormir.jpgChristine avait 29 ans lorsqu’un accident lui a fait perdre la mémoire. Elle a maintenant 47 ans et elle n’a aucun souvenir de son passé proche et lointain. Chaque matin, à son réveil, elle a oublié qui elle était, son âge, sa situation familiale et chaque matin, c’est son mari, Ben, qui lui retrace les grandes lignes de sa vie. Jusqu’au jour où elle décide de se faire suivre par un neuropsychologue. Le Dr Nash, spécialiste de l’amnésie, lui propose d’écrire ce qu’elle vit au quotidien dans un cahier. Elle y note ses activités, ses pensées mais surtout ses recherches pour comprendre qui elle est. Et, petit à petit, les souvenirs reviennent. Mais Christine se rend alors compte que son entourage lui ment, que les récits sont contradictoires… C’est la panique ! Comment se reconstruire si les seules personnes qui nous entourent ne nous disent pas la vérité ?

    Pour ce premier roman de Steve Watson, il n’y a qu’une seule narratrice : Christine. Le récit oscille entre la lecture de son journal et sa vie présente qu’elle tente de rattacher à ses souvenirs. Et, prise dans les émotions qui l’assaillent à la découverte de ce qu’elle est, elle nous emmène avec elle dans ses pensées et nous aspire dans son enfer quodidien.

    Un roman qui « se vit » réellement, auquel je pensais entre deux lectures, qui ne m’a pas laché avant la fin. Très rapidement, je me suis identifiée à Christine, essayant de démêler avec elle l’écheveau d’indices, de secrets et de mensonges. Et, bizarrement, alors qu’elle semble faire confiance à Ben et au Dr Nash, j’étais par contre très méfiante et suspicieuse, cherchant les incohérences dans leurs propos. Mais malgré cette attention aux détails, j’ai été bluffée par la chute, que je n’imaginais même pas !

    Pour un premier roman Steve Watson fait fort ! Il nous livre un roman psychologique très bien construit, sur le thème de l’amnésie et de la manipulation qui, s’il est un peu long par moments, compense par ses nombreuses qualités.  Un auteur à garder à l’œil… 

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    Edit 30/06/15 : l'adaptation cinématographique de ce livre est sortie en septembre 2014 sous le titre Before I go to sleep avec Nicole Kidman et Colin Firth. Très bon film que je vous conseille.

     

    Lecture commune avec Licorne, Mon petit chapitreKyradieuseValérie, DelKayleigh et Salsera15. Découvrez leur avis sur ce roman !

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    Avant d’aller dormir – Steve J. Watson – Sonatine – 2011 

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    Cool – Don Winslow

    Cover Cool.jpg« Cool raconte les débuts des héros déchirants rencontrés dans Savages. Ben le biochimiste pacifique, Chon le mercenaire des guerres au Moyen-Orient, et Ophélia, la bimbo blonde. Le cerveau, les muscles et la beauté. Inséparables, irrésistibles. En lançant leur fort lucrative entreprise de production/commercialisation d’un précieux cannabis cultivé hors sol, ils n’anticipent ni la violence de dealers qui tiennent la Californie du Sud ni le cynisme impitoyable de agents corrompus de la DEA. L’affrontement va les éclairer sur leurs origines : 20 ans plus tôt, leurs parents eux aussi ont vécu de la drogue, et l’héritage est sanglant. »

    Soyons clairs, le sujet du roman (cartels de la drogue, guerres de territoire…) ne m’a pas intéressé. Par contre, et c’est ce qui m’a fait lire le roman jusqu’au bout, j’ai bien aimé le style de l’auteur.

    S’il fallait définir Cool par un seul mot, je dirais : vivant. Tout simplement parce l’auteur nous fait des clins d’œil et qu’il crée une sorte de connivence entre le lecteur et les personnages, qui nous parlent directement. Cette façon de raconter l’histoire de ces trois comparses m’a donné le sentiment de faire partie de leur groupe et permet s’insuffler au roman un rythme, une impression de vitesse qui nous emmène dans son sillage.

    C’est la première fois que je lis un roman dont l’écrit est aussi particulier. Les  chapitres de quelques mots côtoient des paragraphes de plusieurs pages, avec de nombreuses phrases coupées de façon étrange. Cela m’a fait penser à la poésie où, pour respecter un certain nombre de syllabes, l’auteur coupe ses phrases en plusieurs vers. Sauf qu’ici, je n’ai pas compris la logique qui se cachait derrière ses coupures ni leur utilité.

    Un roman bourré de références américaines (musique, politique, cinéma…), qui sont toujours mises en perspective par le traducteur, de l’humour et un grand nombre d’histoires personnelles qui se déroulent sous nos yeux, pour ne nous livrer le lien qui les unit qu’à la dernière minute, provoquant un vrai étonnement.

    En bref, un bon roman pour qui souhaite connaitre tous les détails techniques de la culture du cannabis hors sol, l’enrôlement de jeunes dans la vente de la drogue ou le blanchissement d’argent, la corruption de flics… le tout dans un style très particulier qui vaut la peine d’être lu au moins une fois, même s’il ne m’a pas donné envie d’explorer plus loin l’univers de l’auteur.

    Logo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgMerci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cette découverte.

    Ne manquez pas le premier chapitre de Cool.

    Lu dans le cadre du challenge Polars et Thrillers de Liliba

     

    Cool – Don Winslow – Editions du Seuil – 2012 

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    Lame de fond – Linda Lê

    Cover Lame de fond.jpgComme une lame de fond en plein océan, la mort de Van va avoir un effet dévastateur et brutal sur les personnes de son entourage. Ce roman est l’occasion, pour sa femme Lou, sa fille Laure, l’intrigante Ulma et Van lui-même, de revenir sur leurs vies. Une journée pour que chacun exhume le passé et se remette en question. De l’aube au crépuscule, chaque chapitre donne la parole à un personnage, chacun racontant son enfance, ses liens avec Van, ses sentiments pour lui…

    Lame de fond est un roman un peu particulier car chaque phrase est prétexte à utiliser un vocabulaire rare. Et si j’admire la recherche du mot juste pour exprimer ses pensées et apprécie de développer mon vocabulaire, j’avoue que les recherches au dictionnaire ont quelque peu gâché le plaisir de la lecture (ce que j’ai d’ailleurs rapidement laissé tomber).

    On retrouve le même souci de précision lorsque l’auteure évoque des mouvements politiques. Il est question de politique intérieure française et de personnages importants de la révolte vietnamienne mais ces informations ne sont jamais expliquées. N’étant ni française ni vietnamienne, j’aurais personnellement apprécié avoir des notes en fin d’ouvrage détaillant les évènements importants, ce qui aurait facilité la compréhension des sujets évoqués. Dans le cadre de ce roman, je trouve que l’auteure fait preuve d’un réel manque de pédagogie en abordant ces thèmes de cette manière. Et la découverte du dénouement me laisse penser que je suis passée à côté d’une partie du roman en raison de ces incompréhensions. J’aurais peut-être pu déduire certaines choses, comme des liens secrets entre les protagonistes, si les informations présentées l’avaient été plus clairement.

    Etant donné que c’est le premier roman que je lis de Linda Lê, je ne sais pas si cette recherche de précision dans les termes est sa marque de fabrique. Mais, dans le cas de Lame de fond, cette quête constante du mot juste colle bien à l’histoire de Van qui, comme beaucoup d’immigrés, cherche à parler le français le plus correct possible pour montrer sa bonne intégration tout autant que pour l’exercice de son métier de correcteur.

    Un roman qui est bien écrit, avec une chronologie judicieuse, mais un fond qui est bien peu passionnant. Sans parler de Van, que je n’ai pas réussi à prendre en sympathie, lui qui théorise sur tout et a une tendance poussée à la masturbation intellectuelle.

    Et si j’ai trouvé que certains passages étaient un peu lourds, j’ai apprécié les surprises aménagées en fin de chapitre, qui créent un choc, relancent le récit et donnent envie de poursuivre la lecture. Les thèmes de l’exil et de l’importance des liens familiaux dans l’évolution d’une vie sont abordés de façon intéressante. En confrontant les différents vécus, l’auteure nous montre que, finalement, seules la volonté et les valeurs de l’être humain détermine ce que sera sa vie et non uniquement l’éducation qu’il a reçue.

    À la lecture de ce roman et des quelques informations récoltées sur Linda Lê, je me trouve face à une ressemblance troublante. Comme si Van et Linda Lê n’étaient en fait qu’une seule et même personne. Car le parcours de la romancière est très proche de celui de son héros : une enfance au Vietnam, l’arrivée en France à l’adolescence, des études littéraires et, finalement, une langue maternelle perdue au profit de la langue française, dans laquelle elle excelle. Interpelant…

    lame de fond,linda lê,christian bourgeois editeur,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,mort,immigrationMerci à Babelio et à l’éditeur Christian Bourgeois pour cette découverte.

    Lame de fond – Linda Lê – Christian Bourgeois Editeur – 2012 

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    Soie – Alessandro Baricco

    Cover Soie.jpgEn 1861, le métier d’Hervé Joncour consiste à acheter et à vendre des vers à soie. Pour ce faire, il part chaque année à l’étranger dans le but d’acheter les précieux œufs, qu’il revendra ensuite aux filatures du sud de la France. Mais lorsqu’une épidémie ravage les élevages du monde entier, c’est l’avenir économique du bassin de Lavilledieu qui est en danger. A cette époque, le seul pays à être épargné par cette pandémie est le Japon, jusqu’alors totalement coupé du monde. Avec le soutien des entreprises de sa région, Hervé va donc partir pour le pays du soleil levant. Mais ces voyages commerciaux seront aussi l’occasion pour notre homme de tomber éperdument amoureux…

    Après la route du thé avec Opium, je vous emmène pour un autre voyage en Orient mais sur la route de la soie cette fois.

    Nous découvrons le Japon à travers les yeux d’Hervé, sa culture, son raffinement et, surtout, sa soie précieuse et légère comme l’air.

    Alors que le périple France-Japon dure quand même 4 mois, l’auteur passe très rapidement sur ces périodes en les décrivant toujours de façon identique. C’est assez étrange, parce qu’inhabituel, de relire, mots pour mots, les mêmes descriptifs de voyages au fil du roman. Est-ce pour souligner l’aspect répétitif de la vie d’Hervé ? En tout cas, cela permet de se centrer davantage sur ce qui se passe sur le territoire japonais.

    Soie, c’est une réflexion sur les choix que l’on fait (ou pas) et qui régissent notre vie actuelle. Dans ce cas-ci, on est face à un homme qui n’a jamais rien décidé. Il subit sa vie, suivant les conseils qui lui sont donnés et prenant ce qui se présente à lui sans broncher. Tout au long du roman, je n’ai eu qu’une envie : secouer cet homme qui manque de vitalité !

    A l’opposé, son épouse, Hélène, est plus énergique. Mais, au fil du roman, elle semble s’éteindre peu à peu, dans l’attente de ce mari qui est à l’étranger plusieurs mois par an et qui revient toujours un  peu plus absent de sa propre vie. Ce roman ouvre donc aussi la réflexion sur la place qu’occupent nos proches dans notre vie, du manque d’attention dont nous faisons parfois preuve à leur égard…

    J’ai trouvé intéressant qu’à travers l’histoire d’Hervé, l’auteur nous raconte aussi l’histoire de la soie (production française, guerre de 1864, Louis Pasteur qui trouve un remède à l’épidémie qui touche les vers à soie…). Si, parfois, on oublie que le récit se déroule au 19e siècle, ces petits détails nous le rappellent et rendent le roman plus crédible.

    Soie est écrit avec poésie, il se lit d’une traite et nous immerge complètement dans le Japon du 19e siècle. Tout en utilisant l’humour, ce qui ne gâche rien.

    Le film issu de ce roman est sorti en 2009 avec, dans les rôles principaux, Michaël Pitt (Hervé Joncour) et Keira Knightley (Hélène Joncour).

    Soie a aussi été lu par JosteinMinou, Bianca et Miss Léo

    Soie – Alessandro Baricco – Albin Michel – 1997 

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    Final problème – Marc Schloesser

    Cover Final problème.pngAlors qu’il effectue un vol vers Mulhouse à bord de son avion léger, Albert Moreau, qui est pourtant un pilote aguerri, est pris dans une zone orageuse et s’écrase dans la forêt d’Argonne. C’est Pierre Leduc, enquêteur de l’aviation civile, qui supervise les investigations. Mais alors qu’il est sur le point de boucler le rapport, quelque chose le tracasse. Avec l’aide d’un ami chercheur au CNRS, il va se lancer dans une enquête parallèle, bien décidé à faire toute la lumière sur cette affaire. La dernière de sa carrière avant une retraite bien méritée… Mais il ne fait pas toujours bon chercher la petite bête…

    Final problème est un roman très bien construit, où les indices sont distribués avec parcimonie tout au long du récit. Mais ceux-ci sont en fait de minis bombes dans le monde de Pierre Leduc car chaque nouvel élément le renvoie à lui-même et lui fait découvrir son histoire familiale sous un nouveau jour.

    Avec une intrigue qui s’amorce tout en douceur, Marc Schloesser nous plonge dans le milieu de l’aviation légère pour une enquête sans temps mort, dans laquelle on ne s’ennuie pas une seconde. Les rebondissements, revirements de situations et références scientifiques ne manquent pas. L’auteur utilise les codes du policier de main de maitre.

    Par contre, j’ai trouvé que les premières pages étaient un peu laborieuses. L’auteur étant lui-même pilote, il utilise un vocabulaire très précis et nous abreuve de données de navigation qui sont restées un peu nébuleuses pour la néophyte que je suis.

    Et si j’ai eu un peu de mal à m’identifier à cet enquêteur de 60 ans qui intellectualise les choses plutôt que de laisser parler ses émotions, son amour pour la littérature m’a rapproché de lui.

    Final problème est un premier roman très prometteur. On sent qu’une recherche documentaire a été effectuée, que les personnages ont une vraie personnalité et que la trame a été réfléchie. Une très bonne surprise après plusieurs premiers romans décevants. Un auteur à tenir à l’œil…

    Logo Challenge Thrillers et polars Liliba.jpgLecture réalisée dans le cadre du challenge Thrillers et polars de Liliba.

    Remerciement aux Agents littéraires et à Mon petit éditeur pour cette découverte. Un petit extrait, ça vous tente ?

     

    Final problème – Marc Schloesser – Mon petit éditeur – 2012