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    Rose - Tatiana de Rosnay

    rose,tatiana de rosnay,editions héloïse d’ormesson,livre de poche,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,paris,second empire,napoléon,haussmann,challenge,fleur,roman épistolaireParis, sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet: sa maison, située sur le tracé du Boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé...

    Avec ce très beau roman, Tatiana de Rosnay nous fait découvrir le 19e siècle vu de l'intérieur. A travers le regard de Rose, nous nous immergeons dans la vie quotidienne de l'époque avec sa multitude de petits commerces, ses usages perdus mais aussi ses épidémies de choléra qui ont décimé la population.

    On s'attache à ce petit bout de femme à la fois plein de caractère et sensible aux belles choses. Dans les lettres qu'elle adresse à son défunt mari, Rose raconte l'effervescence dans laquelle la lettre d'expropriation a plongé le quartier, ses relations avec le voisinage, sa décision de ne pas quitter la maison familiale. Mais ces missives sont aussi l'occasion, pour la vieille dame, de revenir sur le passé, d'évoquer tous ces souvenirs, bons ou mauvais, qui ont émaillés sa vie. Et c'est avec beaucoup d'émotions que l'on lit ces lettres où elle écrit à son mari combien elle l'a aimé et comme il lui manque. Sans parler des courriers enflammés et poèmes qu'Armand écrivait à sa jeune épouse, qui m'ont laissés au bord des larmes...

    Mais cette vie a aussi ses périodes noires et on découvre petit à petit que le couple a dû faire face à une tragédie dont Rose, se sachant au crépuscule de sa vie, va avouer certains détails à Armand.

    Un roman épistolaire qui fleure bon le parfum des fleurs et la littérature classique, qui nous laisse avec une impression de douceur mêlée d'émotions.

    Découvrez le site consacré à Rose et le premier chapitre de ce roman.

    Rose, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, livre de poche, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, Paris, Second empire, Napoléon, Haussmann, challenge, fleur, roman épistolaire

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    Lecture réalisée dans le cadre du challenge ABC et du challenge LDPA avec Stefiebo.

    Rose – Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson – 2010 

    Du même auteur:

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    Opium – Maxence Fermine

    Opium, Maxence Fermine, Albin Michel, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, thé, route du thé, chine, inde, angleterre, guerre de l’opium, Londres, lecture communeTransportons nous en 1838, au bord de la Tamise. Et partons à la rencontre de Robert Stowe, commerçant en thés et épices venus du monde entier. En grand passionné, il initie très tôt son fils à la dégustation du thé, lui racontant l’origine de ce breuvage et ses propriétés. C’est bercé par ces légendes que Charles Stowe décide, à 31 ans, d’embarquer pour la Chine. A cette époque, c’est le pays qui produit le meilleur thé au monde et qui a le monopole de ce commerce. Mais la route du thé, toute odorante qu’elle soit, est aussi la plus dangereuse, comme en témoignent les nombreuses légendes d’explorateurs disparus. Mais Charles veut trouver les jardins secrets du thé et en percer les mystères de fabrication et rien ne l’arrêtera.

    En grande amatrice de thé que je suis, je ne pouvais passer à coté de ce roman ! J’ai été agréablement surprise par le fait qu’il se base sur des faits réels (monopole de la Chine, intervention britannique, guerre de l’opium…) et nous apprend pas mal de chose sur le thé, sa provenance, sa fabrication et ses caractéristiques.

    En fait, à la lecture de ce roman, on a l’impression d’accompagner Charles Stowe dans son périple et de découvrir avec lui la vallée sacrée du thé et les magnifiques paysages chinois. Il ne nous manque plus que la tasse de thé odorant pour se projeter totalement en Chine et déguster avec notre ami britannique les thés exceptionnels qui lui sont proposés !

    Mais ce voyage sera aussi l’occasion, pour Charles Stowe, d’une première rencontre avec l’opium, cette drogue extrêmement addictive issue du pavot. Elle s’accompagnera d’une rencontre tout aussi fulgurante avec une femme magnifique dont il tombera amoureux. Mais quel avenir y a-t-il pour une chinoise et un britannique, surtout si la dame est la propriété du plus grand producteur de thé au monde ?

    J’ai bien aimé ce roman parce qu’il traite d’un sujet qui m’intéresse mais j’avoue qu’après avoir lu Neige, du même auteur, Opium m’a un peu déçu. Je m’attendais à y retrouver la même poésie que dans le premier roman de Maxence Fermine et, à ce niveau, je suis un peu restée sur ma faim. Par contre, on retrouve la marque de fabrication de l’auteur : des chapitres courts qui rythment bien le récit, un titre dont le double sens n’apparait qu’à la lecture et une certaine idée du raffinement oriental.

    Un titre à lire, une tasse de thé fumant à la main, pour qui aime voyager, découvrir de nouvelles cultures et mieux comprendre l’origine de la boisson la plus british qui soit.

    Lecture commune réalisée avec Jostein, découvrez son avis ici.

    Opium – Maxence Fermine – Albin Michel – 2002

    Du même auteur:

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    Je te promets – Nathalie de Santis

    Cover Je te promets.jpgPour mieux échapper à un quotidien familial difficile, une enfant rêve. Pas de princesses, de grands châteaux et de princes charmants. Non… Elle rêve de voler, de devenir pilote de ligne pour voir le monde du ciel et traverser les nuages. Ce roman est le récit de sa vie, de son enfance auprès d’une vieille voisine à qui elle a promis de réaliser son rêve, à sa vie adulte.

    J’ai trouvé que ce premier roman de Nathalie de Santis était assez inégal. Cela m’a surtout frappé en ce qui concerne la question du temps. Certains évènements, qui s’étalent sur quelques jours, sont détaillés à l’excès alors qu’à d’autres moments, on saute plusieurs mois en passant d’un chapitre à l’autre. Cela se marque également dans le fait de détailler des choses qui n’ont pas d’intérêt (les contrôles de sécurité d’un aéroport, par exemple) alors que l’on passe très vite sur des évènements importants de la vie du personnage principal. Ainsi, le lecteur n’apprend son mariage qu’au ¾ du roman alors qu’il s’est produit plusieurs semaines auparavant.

    Malheureusement, comme beaucoup de premiers romans, Je te promets manque de profondeur. Il nous présente une succession de faits sans relief. Et bien que l’on se base beaucoup sur les sentiments et émotions que les évènements évoquent, je n’ai pas réussi à les ressentir, à être émue et je me suis ennuyée. Selon moi, c’est le travail le plus difficile d’un écrivain : faire vivre ses personnages, faire en sorte que le lecteur s’y identifie et qu’il ressente les émotions des protagonistes.

    Et si le personnage principal doit faire face à quelques difficultés, une grande partie du roman nous raconte le bonheur de suivre une formation de pilote de ligne, de vivre de sa passion avec une famille parfaite. Ce gout de guimauve à toutes les pages, cet étalage de richesse et de bonheur m’a écœuré. Ça en devenait énervant. Je n’ai pas du tout réussi à me projeter en cette femme qui, certes, se bat pour réaliser son rêve, mais qui nous parle de son quotidien somme toute banal.

    En bref, Je te promets me laisse perplexe. Je ne comprends pas l’objectif de ce roman ni les choix d’écriture qui ont été faits (ne donner le prénom du personnage principal qu’à la fin, cacher certaines informations primordiales et en accentuer d’autres anodines…). Je suis malheureusement passée à côté de ce roman, mais suivrais avec intérêt l’évolution du style de l’auteur.

    Remerciement aux Editions Persée pour cette découverte.

    Je te promets – Nathalie De Santis – Editions Persée – 2012

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    Le miroir d’Ertua – Emilie Fournier

    Cover Le miroir d'Ertua.jpgLe miroir d’Ertua nous raconte la vie malmenée de Marie-Hélène. Pratiquement autiste, elle n’est encore qu’une enfant lorsque ses parents trouvent la mort dans un accident de la route. Se retrouvant seule et sans aucun soutien familial, la petite fille va se replier encore un peu plus sur elle-même et entrer dans un orphelinat isolé du monde extérieur. Jusqu’au jour où elle est adoptée, à nouveau aimée et que des projets d’avenir se mettent tout doucement en place.

    J’ai eu beaucoup de difficulté à m’imprégner de l’histoire et à accrocher à ce roman, notamment en raison du style d’écriture de l’auteure. La ponctuation rend la lecture difficile et je trouve que le vocabulaire est parfois mal choisi voire complètement inventé. Si, dans certains écrits, la création de « nouveaux » mots, dérivés d’autres, ne pose pas de problème, j’ai réellement buté sur certaines phrases comme celle-ci « […] Tu te déficit dans les relations humaines complexes » (du verbe déficiter ??!!).

    En fait, j’ai eu l’impression que ce roman était un premier jet, qui n’a pas été retravaillé, relu. Malheureusement, on ressent toute l’inexpérience de l’auteure en matière d’écriture, marquée par un manque d’homogénéité et de crédibilité.

    On assiste à des envolées philosophiques sur la définition du bonheur, une réflexion sur la misère dans le monde et les inégalités sociales. Mais ces digressions n’apportent rien au récit, elles n’ont aucune raison d’être. En fait, j’ai eu l’impression que l’auteure essayait de faire passer ses opinions (sur l’amour d’autrui ou la place de Dieu…) avec de longues tirades.

    Ce roman porte en grande partie sur les difficultés relationnelles et sociales que connait une petite fille devenue adulte. On y parle beaucoup d’autisme, tout le monde supposant que Marie-Hélène souffre de ce mal. Mais la façon dont on en parle n’est pas crédible (aucun diagnostic posé, aucun traitement), que des suppositions et des discussions pseudo-psychologiques sur le sujet. On tourne en rond pendant tout le roman.

    Je pensais que ce roman allait m’émouvoir, il n’a fait que m’agacer.

    Voilà un roman qui ne restera pas dans ma mémoire en raison de ces nombreux défauts. Il aurait pu être très bon s’il avait été davantage travaillé et murit. Dommage.

    Remerciement aux Editions du Panthéon pour cette lecture.

    Le miroir d’Ertua – Emilie Fournier – Editions du Panthéon – 2012