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    Un matin pour la vie et autres musiques de scène – Françoise Sagan

    Cover Un matin pour la vie.jpgA travers ces 17 nouvelles, Françoise Sagan nous parle de la vie. Il est plusieurs fois question d’amour (amour jamais oublié, relation d’un soir…), mais toujours, de rencontres qui suscitent la réflexion sur notre vie passée et sur l’avenir qui nous attend. Que faire le jour où notre vie bascule ? Quelle décision prendre que l’on ne regrettera pas ? C’est à cette question que sont confrontés les personnages de l’auteure française.

    Avec humour et beaucoup de justesse, Françoise Sagan aborde des thèmes universels (l’amour, l’avenir, la mort…), tout en nous faisant voyager dans le temps et dans les différentes classes sociales. Et elle tombe juste à chaque fois. Nous pourrions être ces personnages ordinaires dont les plans sont chamboulés et, tout naturellement, on se met à leur place, pour encore mieux comprendre leurs souffrances et leurs sentiments parfois contradictoires.

    Et puis, il y a quelques histoires qui sortent du lot, où il est question de Dachau, de tueries, de safari africain qui tourne au massacre… Des histoires qui font froid dans le dos. Mais tellement bien racontées et avec juste ce qu’il faut de suspense pour nous étonner à chaque fois.

    Musiques de scène est déjà paru en 1981. Il s’agit ici d’une réédition de ce recueil, augmenté de 4 nouvelles inédites (Un matin pour la vie, Histoire d’août, Un vrai macho et Menu). Et bien que plus de 30 ans séparent les deux éditions, la plupart des nouvelles sont encore d’actualité et pourraient se dérouler à l’heure actuelle.

    Ce recueil de nouvelles est ma première rencontre avec Françoise Sagan. J’ai été séduite par son écriture simple, qui touche et interpelle, et qui me donne envie de découvrir ses autres livres, à commencer par Bonjour tristesse.

    Remerciement aux Editions Stock pour cette découverte.

    Un matin pour la vie et autres musiques de scène – Françoise Sagan – Editions Stock – 2011

    Du même auteur:

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    Vibrato – Marie Dubosq

    Cover Vibrato.jpgÀ l’image d’un guide touristique, Vibrato nous fait découvrir les différentes lignes du métro parisien en les mettant en scène dans des histoires courtes. Le lecteur accompagne une femme dans ses déplacements souterrains qui sont autant de rencontres. On y croise des touristes, un guerrier, une raie mantra, un corbeau ; on y fait des découvertes étonnantes et on y vit des histoires d’amour éphémères…

    Et il s’en passe des choses dans le métro! Entre les coupures d’électricité, les scènes de ménage, les terroristes, les fous qui s’emparent du poste de conducteur… les navetteurs deviennent des héros des temps modernes, témoins privilégiés de l’évolution des mœurs et de la société. On est loin du métro-boulot-dodo !

    C’est le premier livre que je lis de cette auteure et j’ai été étonnée par la vitesse à laquelle elle arrive à nous plonger dans un autre monde. Quelques mots suffisent à nous immerger dans le quotidien d’une personne, au plus profond de ses pensées. Avec un petit retour historique puisque Vibrato nous fait voyager dans le temps, entre 1943 et 2020, en passant par l’époque actuelle.

    J’ai trouvé que les références à la violence étaient assez nombreuses même si elle prend différentes formes (querelle entre époux, terrorisme, guerre, meurtre…). Ça n’est pas spécialement dérangeant dans la mesure où l’auteure ne tombe pas dans l’excès ni dans le pathos mais cela m’a étonné. Je me suis demandé si cette violence était uniquement issue de l’imagination fertile de l’auteure ou si elle reflétait une certaine réalité.

    Vibrato, c’est aussi une succession d’histoires qui se renvoient la balle - une réflexion entamée dans une nouvelle se termine ou trouve sa réponse dans une autre. La dernière nouvelle faisant référence à des histoires précédentes, nous permettant ainsi de comprendre certains éléments restés flous. On retrouve également un autre fil conducteur : la narratrice, ce personnage qui emprunte ces différentes lignes de métro et qui nous raconte ce qu’il s’y passe. C’est la première fois que je lis un recueil qui présente ce type de structure et j’ai trouvé ces liens vraiment intéressants. Par contre, contrairement à d’autres recueils d’histoires courtes, cela signifie que Vibrato doit être lu dans l’ordre déterminé par l’auteure et non au gré des envies du lecteur, qui risquerait alors de passer à côté de certaines choses.

    Bref, un recueil sympathique, qui ne bouleverse pas le genre, mais qui se laisse lire…le temps d’un trajet en métro !

    Remerciement particulier à Babelio et aux Editions Bruit Blanc pour cette découverte.

    Vibrato – Marie Dubosq – Bruit Blanc – 2011

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    Meurtre aux poissons rouges – Camilleri & Lucarelli

    Meurtre aux poissons rouges, Andrea Camilleri, Carlo Lucarelli, Editions Fleuve Noir, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, roman épistolaire, policier, Montalbano, Negro, policierQuand deux grands auteurs de polars italiens se rencontrent, cela donne un roman policier étonnant mêlant services secrets, corruption et animaux marins !

    Tout commence par la découverte du corps sans vie de Magnifico Arturo, retrouvé dans sa cuisine la tête dans un sac en plastique. Détail intriguant : trois poissons rouges morts se trouvent près du défunt alors que celui-ci était allergique aux poissons. Tandis que les carabiniers chargés de l’enquête ne semblent pas donner beaucoup d’importance à cette affaire, l’inspectrice Grazia Negro a l’impression que ce meurtre a quelque chose de louche. Contre l’avis de ses supérieurs, elle demande au commissaire Salvo Montalbano de l’aider à résoudre cette affaire. Mais, étant chacun à une extrémité de l’Italie, les contacts, pour rester discrets, ne peuvent se faire que par la voie postale. Voici donc nos deux enquêteurs non autorisés contraints de trouver mille astuces pour s’échanger leurs dernières découvertes dans les plus brefs délais.

    Plusieurs éléments sont à épingler concernant Meurtre aux poissons rouges.

    Il y a d’abord l’histoire, surprenante (on se demande quel lien peut bien exister entre ce meurtre et des poissons rouges) et digne des plus grands policiers. Les services secrets qui éliminent les fouineurs, un témoin clé qui disparait, des références à la mafia italienne, une tueuse super sexy, des rebondissements, tout est fait pour que le lecteur ne s’ennuie pas et c’est réussi !

    Et puis, il y a la forme : un roman épistolaire. Très rare dans le récit policier, il peut ici être envisagé à deux niveaux. D’une part parce que ce style sert le texte : les enquêteurs s’envoient des photos, des coupures de presses, des rapports d’autopsie et autres compte rendu d’interrogatoires. Cela rend l’histoire d’autant plus prenante que le lecteur est pleinement associé à l’enquête, il reçoit les informations en même temps que les protagonistes et peut donc se faire une opinion, poser des hypothèses... Jusqu’à la présence de codes chiffrés que le lecteur doit décrypter (et dont la solution n’est pas dans le livre J !). D’autre part, la note de l’éditeur nous apprend que le roman a lui-même été écrit sur un mode épistolaire. En effet, les auteurs Camilleri et Lucarelli, aux agendas trop chargés que pour pouvoir se rencontrer régulièrement, ont construit l’histoire au fil de leur correspondance, en mettant en place une sorte de bataille à celui qui déstabilisera le plus l’autre.

    Les références à des faits réels passés sont nombreuses, ce qui rend le récit encore plus probable. Les amateurs de ces auteurs italiens retrouveront avec plaisir les héros qu’ils connaissent déjà : le commissaire Montalbano, au centre de nombreuses enquêtes de Camilleri et l’inspectrice Negro à laquelle Lucarelli a consacré une série de romans.

    Né d’une rencontre entre les deux auteurs et réalisé par courriers interposés, Meurtre aux poissons rouges est un roman ludique, qui met le lecteur dans la position de l’enquêteur, et que l’on imagine bien adapté à l’écran. Seul petit bémol : l’histoire est trop courte. On en veut encore !

    Découvrez les premières pages de ce roman.

    Meurtre aux poissons rouges, Andrea Camilleri, Carlo Lucarelli, Editions Fleuve Noir, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, roman épistolaire, policier, Montalbano, Negro, policierLu dans le cadre du challenge Thrillers et Polars

    Meurtre aux poissons rouges – Andrea Camilleri & Carlo Lucarelli – Editions Fleuve Noir – 2011

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    Sous haute tension – Harlan Coben

    Cover Sous haute tension.jpgSuzze Trevantino, ex-championne de tennis, a décidé de se ranger. Elle dirige une école de tennis, s’est mariée avec Lex Ryder et est enceinte de 8 mois. Pour apporter une « touche personnelle » à son compte Facebook, elle a décidé de poster sa dernière échographie sur son mur. Mais, au milieu des compliments, un commentaire attire son attention : « Pas le sien ». Suzze se sent menacée et appelle son agent à la rescousse. La mission de Myron Bolitar est claire : trouver qui a écrit ce commentaire et ramener Lex à la maison puisqu’il est parti suite à ma lecture du post. Mais, en s’intéressant de plus près au passé de Suzze, Myron va déterrer de vieilles histoires mêlant groupe de rock, chanteur aux abonnés absents, retour de sa belle-sœur Kitty, disparition de son frère Brad… Que des ennuis en perspective…

    Vous l’aurez compris, Sous haute tension fait partie de la série « Myron Bolitar ». On y retrouve des personnages déjà apparus dans les romans précédents : Big Cindy en secrétaire au look improbable ; Esperanza mariée, maman et associée de Bolitar ; Win, le dandy négociateur et gros bras de service. D’autres personnages viennent aussi passer leur tête à la porte comme Terese Collins (maintenant fiancée à Myron) ou Jessica Culver (son ancien amour). Si leur évocation n’apporte rien à l’intrigue, c’est un petit clin d’œil de l’auteur à ses fans. Au vu de tous les personnages évoqués ici et dont on a déjà parlé dans d’autres romans, je pense qu’il est nécessaire d’avoir lu la série pour resituer les « anciens » (et encore, alors que je les ai tous lus, je ne me souviens pas de tout le monde…).

    Des personnages qui reviennent donc… On ne change pas une équipe qui gagne, comme dirait l’autre. Sauf que cette fois, cela devient un peu trop prévisible… Chacun se cantonne à son rôle habituel, Myron restant quant à lui le-petit-garçon-à-son-papa-et-à-sa-maman qu’il a toujours été, qui fait appel aux autres pour le sortir d’un mauvais pas et qui leur laisse la direction des opérations quand cela devient un peu trop compliqué. Il manquait de maturité au départ mais ça ne s’arrange pas avec le temps…

    Au niveau des thèmes abordés, que du connu, à nouveau : secrets de famille, meurtres, sport et mafia. Comme à son habitude, l’auteur intègre son récit dans l’époque actuelle en faisant référence aux réseaux sociaux et en profite pour initier une réflexion sur leur utilisation (anciens « amis », différence entre vie publique et vie privée…).

    Petite nouveauté qui laisse présager une évolution intéressante de la série, l’apparition du neveu de Myron, Mickey Bolitar. Il sera le héros du prochain roman d’Harlan Coben « A découvert » mais aussi d’une série qui portera son nom et dont deux tomes sont déjà sortis aux Etats-Unis.

    Un bilan très nuancé donc… Une lecture agréable, des pages qui se tournent toutes seules mais un fond qui manque un peu de piquant et de nouveauté.

    Sous haute tension – Harlan Coben – Belfond – 2011   

     

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    Enfances tunisiennes – Collectif

    Cover Enfances tunisiennes.jpgCommençons par un petit rappel historique. En 1881 et suite à une mauvaise gestion du pays par ses dirigeants, la France décide de s’implanter en Tunisie. Débute alors le protectorat français de Tunisie, aussi appelé Traité du Bardo, qui sera aboli en 1956. L’objectif est de transformer les structures politiques, sociales et économiques du pays pour le rendre à nouveau viable.

    Dans ce contexte, Enfances tunisiennes nous raconte les répercussions de la présence française dans le quotidien de la population tunisienne, et en particulier des jeunes. Vingt auteurs parlent de la cohabitation des deux cultures, de la découverte de la langue française par le biais de l’école, de la musique ou du cinéma.

    Pour beaucoup, cette enfance-là fut joyeuse et insouciante mais certains abordent aussi des évènements plus difficiles marqués par l’abandon parental ou par la guerre de 1940.

    Véritable photographie d’une époque, ces textes courts forment une sorte de recueil de nouvelles, de tranches de vie. Des parcelles d’enfances et de souvenirs souvent empreints de beaucoup de poésie.

    J’ai particulièrement apprécié la présentation originale des textes, avec un jeu de polices différentes et une mise en page recherchée. Des photos représentant les auteurs enfants dans leur lieu de vie rendent les personnages plus proches du lecteur.

    Par contre, si je devais mettre en avant un petit bémol, il serait lié à l’abondance de termes tunisiens. N’étant pas moi-même d’origine tunisienne, je devinais certains sujets de discussion plus que je ne les comprenais. Aucun mot n’est définit ou traduit, ce qui m’a donné l’impression que le livre n’était pas destiné à sortir de ses murs, qu’il était réservé aux tunisiens natifs ou d’origine. Je trouve dommage que les auteurs (ou la maison d’édition) n’aient pas réalisés ce petit travail d’ouverture aux autres alors qu’à l’opposé, certains écrivains définissent chaque petit belgicisme employé.

    Bilan mitigé donc. Historiquement intéressant, ce livre n’a cependant pas été conçu pour être accessible au plus grand nombre.

    Lecture réalisée en partenariat avec Libfly et les Editions Elyzad.

    Enfances tunisiennes – Collectif – Editions Elyzad – 2010