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Rhapsodie pour un ange – Paul Durand Degranges

Cover Rhapsodie pour un ange.jpgAnge a 25 ans et a décidé de vivre sa vie. Il ne veut pas devenir médecin ou vétérinaire, rester dans ce petit village au milieu des montagnes, comme ses parents l’ont fait avant lui. Ange rêve d’une autre vie et choisi de monter à Paris. Sa rencontre avec Jean va marquer un tournant dans sa vie. Il va commencer à travailler dans un bar mais va rapidement découvrir qu’il peut obtenir beaucoup d’argent en monnayant ses charmes. Souvent à des hommes. Juste pour l’argent et pour satisfaire ses gouts de luxe. Jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable face à un client trop entreprenant et que l’inspecteur Dujardin le soupçonne du meurtre de plusieurs personnes.

Rhapsodie pour un ange propose une idée originale : un personnage, prénommé Ange, sème la mort autour de lui tandis que deux « archanges » tentent de le protéger du Mal. Dis comme ça, on a l’impression d’être face à un roman un peu surréaliste mais on se rend compte, finalement, qu’il est aussi encré dans la réalité d’aujourd’hui. On y aborde des questions qui nous touchent tous à un moment ou un autre : la religion, les relations familiales difficiles, les secrets de famille, l’amitié et la quête d’un sens à donner à sa vie.

C’est aussi un roman qui éveille la curiosité. Les personnages sont attachants, le style intéressant et on se prend à sourire quand Jean et Ange se chamaillent comme un vieux couple, l’auteur arrivant à nous faire ressentir la grandeur des sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre.

Ma déception tient dans le fait que j’aurai voulu que l’auteur aille jusqu’au bout de son idée, qu’il propose une fin exceptionnelle (j’imaginais un pacte avec le diable basé sur une sorte de sacrifice). J’ai eu l’impression que l’auteur s’était rétracté en cours de route, comme s’il craignait d’aller trop loin, provoquant une certaine retenue dans l’écriture. Finalement, la chute est banale, c’est du déjà-vu, alors que l’on partait d’une idée innovante.

Avec des chapitres rythmés par les chansons de Queen, l’écriture est vive et dynamique. On est très rapidement pris dans l’histoire et on ne peut que s’attacher à cet ange de la mort qui partage ses réflexions intérieures avec nous et nous fait sourire.

Découvrez le premier chapitre!

Lecture réalisée en partenariat avec les Agents littéraires et les Editions Kirographaires.

Rhapsodie pour un ange – Paul Durand Degranges – Editions Kirographaires – 2011

Commentaires

  • Je ne connais pas du tout ce roman, mais cela éveille ma curiosité, je note, merci!

  • Bonjour,

    Un pacte avec le diable et un sacrifice serait, en ce qui me concerne, une fin convenue. Il faudrait pour cela que le diable existe et rien dans le roman ne permet de penser cela. Les délires d'Ange ne permettent pas de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux.
    De plus, la fin n'est peut-être pas à la dernière page, ce n'est sans doute pas, non plus, la révélation du secret qu'Ange refusait de dire (scène pendant laquelle, on peut considérer qu'il "signe" un pacte, donc pourquoi signer à nouveau pour faire un final ?).
    Peut-être que la fin se situe au moment où Ange s'aperçoit qu'il est amoureux de John et qu'il refuse cet amour sous prétexte qu'il n'aime personne (là vous avez peut-être aussi votre "sacrifice").

  • Je partage votre avis.
    De moins en partie.
    Oui, ce roman est très bien écrit et le rythme donné par la musique de fond ( on parle d'un roman avec musique de fond!) est novateur, rythmé et bien vu.
    Oui, le sujet est innovant. Et les personnages d'Ange et de jean sont attachants.
    J'ajouterai, et vous en conviendrez sans doute, qu'il y a de l'humour, pour ne pas parler d'une ironie fine et de nombreux clins d'oreille culturels qui pimentent la lecture.

    Mais vous avez tort pour la fin. Je suis fan de fantastique. Et les propositions que vous faites iconduiraient ce roman vers ce genre, et l'on serait alors bien loin de l'originalité et de l'esprit même du roman. Ce n'est pas un roman fantastique, il n'en a aucune caractéristique. Il ne prétend pas, je pense, à l'être. Alors pourquoi vouloir une fin surfaite, qui tirerait le roman vers cela? Ce serait à mon avis un açte mercantile, au mieux. Au pire, une erreur d'écriture.

  • Oui, je suis bien d'accord avec les voix qui s'élèvent entre les lignes. Quelle drôle d'idée de proposer une fin aussi convenue. De vouloir que les auteurs se plient à des scénarios mercantiles. Certains n'hésitent pas, c'est sûr. Laissons aux lecteurs la chance d'avoir des auteurs qui osent.

  • Voilà un livre qui suscite le débat !
    Personnellement, j’ai vraiment bien aimé Rhapsodie pour un ange pour son originalité, son humour et ses personnages, bien dessinés et bien construits… mais il m’a manqué quelque chose.
    Ma proposition de sacrifice est probablement très banale mais je n’ai pas la prétention de me substituer à l’auteur, l’objectif étant simplement d’exprimer mon ressenti par rapport à ce roman.

  • Chère Paola, il vaut mieux ne pas vous substituer à l'auteur, ce serait rabaisser ce roman plein de finesse et d'ironie au niveau de"Buffy contre les vampires" !
    Et Delphine l'a bien ressenti , son analyse est très juste. A la sortie de ce roman, j'ai publié, en décembre 2011, une note de lecture sur francopolis.net//, site web littéraire, où j'ai évoqué mon enthousiasme en tant que lectrice .
    Proposer une telle fin serait aussi ridicule que médiocre pour un roman qui n'est que finesse ironique et clins d'oeil littéraires , ce serait aussi tomber dans le piège pour écrivain débutant; or, il y a du métier dans cette oeuvre, jamais rien de trivial ni de banal, comme un vulgaire roman de gare.
    Il y a des romans que l'on dévore, d'autres que l'on grignote, mais celui-là est de ceux que l'on déguste....avis aux fins gourmets !!!
    Eliette Vialle

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