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    Un traitre à notre gout – John le Carré

    Cover Un traitre à notre goût.jpgPerry et Gail forment un couple de trentenaires anglais en vacances dans les Caraïbes. Séjournant dans un complexe spécialisé dans le tennis, ils en profitent pour améliorer leur technique et acceptent de disputer une partie avec Dima, un russe richissime. Et les ennuis vont commencer ! Car ce Dima n’est pas n’importe qui ! N°1 du blanchiment d’argent en Russie, il a jeté son dévolu sur le jeune couple et ne le lâche plus d’une semelle.

    Par leur intermédiaire, il propose un marché au gouvernement anglais : il accepte de fournir des informations sur les trafics de la mafia russe si on lui octroie une résidence permanente en Angleterre ainsi qu’à sa famille, qu’il croit en danger.  Et voila Perry, professeur de littérature anglaise qui n’a rien d’un super héros, embarqué dans une folle histoire d’espionnage ! Et dire que lui et Gail voulaient juste se reposer quelques jours et faire le point avant de commencer une nouvelle vie…

    Un traitre à notre gout est le premier véritable roman d’espionnage que je lis. Et j’ai été assez déçue. Là où j’attendais de l’action (des explosions, des courses-poursuites…), je n’ai lu que des bavardages !  Le lecteur vit les évènements à distance, à travers les discours des uns et des autres mais, à aucun moment, je n’ai ressenti l’urgence de la situation, la peur des protagonistes ou leur nervosité. Bref, je me suis ennuyée.

    Pourtant, c’était bien parti. L’auteur nous fait voyager de Moscou à Londres, en passant par Bombay et Berne. Il nous plonge dans le monde du crime organisé et des magouilles financières en tout genre avec une intrigue bien menée. Le roman est bien documenté et montre toute la complexité des structures mafieuses. Tout au long du livre, on se demande pourquoi Perry a été choisi pour recueillir les confidences de Dima et où tout cela va le mener.

    Malheureusement, j’ai trouvé que les personnages de Perry et Gail manquaient de caractère. Ils suivent et se laissent faire sans rien dire, là où n’importe qui se serait énervé, réclamant qu’on le laisse passer ses vacances en paix !

    Vous avez lu Un traitre à notre gout ? Qu’en avez-vous pensé ?

     

    Merci à Babelio et aux Editions Points pour cette découverte.un traitre à notre gout,john le carré,editions du seuil,editions points,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,roman,espionnage,policier,angleterre,mafia russe,partenariat

    Un traitre à notre gout – John le Carré – Editions Seuil – 2011

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    Poésie en petites touches

     

    Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager avec vous ces extraits de poèmes sur le thème de l’écriture, issus de deux recueils publiés aux Editions Chloé des Lys.

     

    « Ecrire pour pisser le sang.

    Cover Petit sentier.jpg

    Ecrire pour périr.

    Ecrire.

    Petites peurs.

    Petits bonheurs.

    Humeurs. »

     

     « Un papier et un crayon.

    Un métier. »

     

     « Ecrire. En rire

    Ecrire. En pleurer

    Vivre. Bêtement vivre. »

    Petit sentier – Philippe Meurisse – Editions Chloé des Lys – 2011

     

    Cover Onirique.jpg

     

    «  Tremper sa plume

    Dans l’encre de la nuit

    C’est se servir de la lune comme d’une page blanche… »

     

    Onirique – Laurent Dumortier – Editions Chloé des Lys – 2011

    Lien permanent Catégories : Poésie
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    Le passager – Jean-Christophe Grangé

    Cover le passager.jpgTout commence par un meurtre. Celui d’un sans-abri retrouvé avec une tête de taureau de combat enfoncée sur le crâne. Très vite, la police s’oriente vers l’hypothèse d’un meurtre mythologique, faisant référence à la légende du Minotaure.

    Parallèlement à cette affaire, un homme souffrant d’amnésie est interné au CHS de Bordeaux. Le diagnostic du psychiatre est sans appel : ce patient souffre de fugue psychique. Face à un évènement traumatisant, le patient perd complètement la mémoire, son inconscient tente d’effacer son passé pour repartir à zéro. À ce stade, la personne se construit une nouvelle personnalité sans lien avec la précédente et entame une nouvelle vie. Tout l’enjeu est alors d’aider le patient à retrouver la mémoire, en essayant de recouper ses bribes de souvenirs avec des informations factuelles.

    Lorsque les recherches du psychiatre et l’enquête de la police vont se rejoindre, laissant penser que l’amnésique a un lien avec le meurtre du sans abri, le psychiatre va tout faire pour protéger son patient. Jusqu’à se mettre lui-même en danger. Au cours de sa fuite, il va se rendre compte qu’il est lui-même un voyageur sans bagage et va remonter successivement ses différentes identités jusqu’à revenir au lieu qui l’a vu naitre dans des conditions effroyables.

    Dans ce livre, on retrouve le thème cher à l’auteur, présent dans plusieurs de ses romans : l’éclosion du côté obscur de l’être humain, qui le pousse à commettre des actes abominables au nom d’une cause.

    Le rythme est soutenu et l’histoire est construite en forme de poupée russe, qui, en s’ouvrant, met à jour de nouveaux éléments qui nous emmènent toujours plus loin. Beaucoup d’indices sont disséminés tout au long du texte mais il est impossible pour le lecteur d’en déduire la chute avant les 10 dernières pages. On retrouve donc le savoir-faire de Grangé qui nous a habitués à des romans très denses et bien documentés.

    L’impression finale que laisse Le passager est cependant mitigée. J’ai eu l’impression que Grangé a un peu trop tiré sur la corde de la fugue psychique. Selon moi, il n’était pas nécessaire de multiplier les identités du personnage principal à ce point. Cela parait vraiment improbable.

    Rompu à la rédaction de scénarios pour le cinéma, Grangé a dit avoir écrit Le passager comme une série comportant plusieurs épisodes. Mais le lecteur ne s’en rend pas compte puisque les chapitres se succèdent comme dans tout autre roman.

     

    Le passager – Jean-Christophe Grangé – Albin Michel – 2011jean-christophe grangé,le passager,albin michel,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,extrait,premier chapitre,fugue psychique,passager sans bagage,meurtre,thriller

    Du même auteur:

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    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin

    Le nez de Rocheteau, Christophe Martin, Editions Saint Martin, foot, métro, nouvelles, recueil, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, interview, histoires courtesChristophe Martin nous plonge dans des situations que chacun d’entre nous pourrait vivre (ou presque…) et qui sont l’occasion d’une plongée dans le passé, un détail faisant surgir des souvenirs enfuis dans notre mémoire.

    En compagnie de l’auteur, les trajets en métro deviennent l’occasion d’observer la jeunesse d’aujourd’hui. Et de s’étonner de ses comportements de type autistique, de son manque de maturité ou de ses codes qui nous sont inconnus. Le nez de Rocheteau est aussi une immersion dans le monde de l’enfance. On se met alors à hauteur des plus jeunes (surtout des petits garçons…) pour partager leur bonheur de la découverte, de la rencontre et de la nouveauté mais aussi leurs déceptions et peines.

    Ce recueil de nouvelles est frais et original. Il nous permet de revenir à notre propre passé en référence aux souvenirs évoqués par l’auteur.

    Petite originalité de ce recueil : je trouve très intéressante l’idée du K, un concept que je n’avais jamais vu ailleurs. Le K est une personne qui a fait partie de notre vie à un moment donné, que l’on a perdu de vue (et oublié) mais que l’on retrouve au hasard d’une réunion d’anciens, dans un magasin… et qui se rappelle alors à notre bon souvenir. Toujours dans l’idée d’un retour vers le passé, Christophe Martin nous raconte quelques unes de ces rencontres fortuites avec des ex-connus et les souvenirs qu’elles évoquent. Tout cela sans jamais citer le nom de cette personne, qu’il appelle K (parce qu’il a oublié son prénom ?).

    Par contre je trouve dommage que le titre ne reflète pas davantage ce recueil, qui est beaucoup plus riche que ce que le titre évoque, Le nez de Rocheteau étant l’intitulé de la première nouvelle.

    Enfin, la sobriété de la couverture est rehaussée par une calligraphie de l’auteur, qui semble nous dédicacer ce recueil et nous donner la clé pour mieux comprendre ses écrits : Il y a dans toute vie les choses telles qu’on les a vécues, les rencontres telles qu’elles ont eu lieu. Puis il y a la mémoire de ces choses et de ces rencontres, qui intervient après et continue de travailler. Là, une dimension narrative est à l’œuvre. J’essaie de dire ce moment où les différentes strates se rejoignent.

    Découvrez l’interview de Christophe Martin !

    Remerciement aux Editions Saint Martin pour cette lecture.

    Le nez de Rocheteau – Christophe Martin – Editions Saint Martin – 2011

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    Le carnet de lecture de... Christophe Martin

    Les carnets de lecture de... propose à un auteur de nous parler de sa bibliothèque, des livres qui l'ont marqué et de son rapport à la lecture et à l’écriture.

    le nez de rocheteau,christophe martin,editions saint martin,foot,métro,nouvelles,recueil,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,partenariat,interview,histoires courtesAujourd'hui, découvrez le carnet de lecture de Christophe Martin, qui a publié Le nez de Rocheteau, aux Editions Saint Martin.

    Combien de livres compte votre bibliothèque ?

    A vrai dire, je ne les ai jamais comptés. Approximativement, je dirais plusieurs centaines, peut-être un millier. Je précise que le nombre de mes livres diminue depuis quelques années car j'ai pris l'habitude d'en donner à une librairie lilloise spécialisée dans la vente de livres d'occasion, et qui pour ce faire a besoin de dons. Je donne régulièrement des livres dont je sais que je ne les consulterai plus et qu'ils ne me manqueront pas.

    Si vous ne pouviez sauver qu’un livre, quel serait-il ?

    Cette question est difficile. Il y a tant de livres qui ont compté pour moi, pas seulement parce qu'ils m'ont accompagné dans mes travaux d'écriture, mais aussi tout simplement dans la vie ! Je pourrais néanmoins citer le roman de l'écrivain suisse allemand Paul Nizon intitulé « Das Jahr der Liebe » paru en 1981 (disponible en français sous le titre « L'année de l'amour »).

    Y a-t-il des livres qui vous ont particulièrement ému, qui ont déclenché des émotions (qui vous ont fait rire, pleurer, qui ont accompagné un tournant de votre vie) ?

    « L'année de l'amour », justement. C'est un livre extraordinaire qui décrit une plongée dans la littérature, assimilée à l'expérience de la grande ville (Paris) et où l'on voit, à travers le roman en train de s'écrire, la renaissance d'un écrivain.

    Selon vous, quels ingrédients font un « bon » roman ?

    Je n'en sais rien car il faudrait d'abord définir ce qu'est un bon roman. Personnellement, j'ai besoin, entre les lignes, de sentir la vie même de la personne qui écrit, de recevoir une expérience de vie forte, ou du moins susceptible de me faire avancer.

    Quel est votre genre littéraire préféré ?

    Sans hésitation : l'autofiction, ce genre littéraire qui, de par l'enchevêtrement de la vie et de l'écriture qu'il implique, serre au plus près la problématique de l'existence, dont la dimension narrative me paraît de plus en plus évidente avec les années, même si l'on n'écrit pas.

    Comment choisissez-vous les livres que vous lisez ?

    Je me tiens régulièrement informé des parutions en lisant les pages littéraires de certains quotidiens. J'écoute aussi une émission littéraire chaque dimanche soir à la radio. Il m'arrive, plus rarement, d'entrer dans une librairie à l'aveugle, essentiellement par manque de temps.

    Quel est votre livre de chevet actuel ?

    Je relis « Effi Briest » de l'écrivain allemand Theodor Fontane. Ce livre passe pour être une sorte de « Madame Bovary » à l'allemande, mais il a été écrit une cinquantaine d'années après le chef d'oeuvre de Flaubert.

    À l’heure où les liseuses et les bibliothèques se côtoient, que représente le livre numérique pour vous ?

    Je n'ai pas vraiment d'idée sur la question car je connais assez mal cet objet. A priori, comme je pratique souvent une lecture active (avec des annotations, des relevés de citations, etc.), j'ai tendance à penser que le livre numérique n'est pas trop fait pour moi. Et puis, je suis attaché au contact physique avec le livre, au bruissement des pages que l'on tourne...

    Qu’est-ce qui vous a amené à écrire et à laisser vous-même une trace dans la bibliothèque des autres ?

    Je n'ai pas gardé de souvenir précis d'un réel commencement. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé garder une trace de mes émotions, des choses qui me paraissaient essentielles. Il m'importait beaucoup de pouvoir leur donner une forme. Cela est d'abord passé par la poésie, dont j'aimais (et aime toujours) la capacité qu'a ce genre à dire l'intériorité (à l'inverse du genre théâtral par exemple, qui pour moi est entièrement tourné vers l'extérieur et ne me correspond pas du tout – je ne vais d'ailleurs que très rarement au théâtre). Depuis quelques années, j'ai un penchant pour les textes narratifs brefs.

    Quelle place occupe l’écriture dans votre vie ?

    Une place assez ténue si l'on considère que l'écriture commence au moment où l'on se met à écrire. Mais avant, il y a ce que Paul Nizon appelle joliment la « salle d'attente », cette phase d'incubation où l'on se laisse approcher par les choses et dont on sent qu'elles vont donner lieu à une transformation. En ce sens, le passage à l'écriture n'est que la dernière étape d'un travail d'attention qui a commencé bien plus tôt.

    Vous avez publié Le nez de Rocheteau  aux Editions Saint Martin, pourquoi avoir choisi le format de la nouvelle ?

    Essentiellement pour des raisons de temps. Ma vie professionnelle et familiale ne me permet pas de m'asseoir des heures durant à mon bureau et de fournir une grande quantité de travail. Mais cela ne me dérange pas du tout car, comme je vous l'ai dit plus haut, le travail d'écriture commence déjà dans la tête, où que je me trouve : dans le métro, sur une petite route, au café... Il y a tant de choses à voir ! Puis quand je sens que les choses vues commencent à entrer en résonance avec mon moi profond, alors je passe à l'écriture. J'ai lu un jour qu'Annie Ernaux, mais aussi l'écrivain américain Ray Carver, avaient tous deux fait la même réponse à cette question. Cela touche donc plus de monde que l'on croit.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur ce recueil d’histoires courtes, quel message souhaitez-vous faire passer aux lecteurs ?

    Il s'agit de courts textes narratifs qui, souvent, partent d'une scène vécue ou observée, laquelle provoque une réminiscence plus lointaine. Ensuite cela vient se greffer au présent, dans une sorte d'interaction permanente entre la vie 'extérieure' et les pensées. D'ailleurs, n'est-ce pas un peu comme cela que nous vivons tous ? 

    Un petit mot pour les lecteurs du blog ?

    Je leur souhaite du plaisir à lire Le Nez de Rocheteau s'ils le lisent, et plus généralement je les encourage à garder le goût de la lecture, qui est une activité si enrichissante à l'ère de la communication et de la vitesse dans laquelle nous sommes entrés. Le moment de la lecture, c'est aussi un temps privilégié qui permet d'échapper à cette frénésie.