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    L’appel de l'ange – Guillaume Musso ♥♥♥♥

    cover appel-de-l-ange-guillaume-musso.jpgMadeline et Jonathan n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais ce jour-là, ils étaient tous deux à l’aéroport de New York et se sont percutés. Par inadvertance, chacun a pris le téléphone portable de l’autre. Lorsqu’ils se rendent compte de leur erreur, ils sont à des milliers de kilomètres de distance : elle à Paris et lui à San Francisco ! En attendant que l’échange puisse se faire en sens inverse, chacun investit le téléphone de l’autre, se permettant même de fouiner dans les messages et photos. Ils vont ainsi découvrir des secrets bien gardés, des évènements qui ont bouleversés leurs vies et ils vont se prendre au jeu de l’enquête. Chacun de leur coté, ils vont chercher à comprendre, interroger des personnes, faire des filatures, tenir des planques… jusqu’à aider l’autre à vaincre ses propres démons. Et se trouver un point commun dans le passé.

    L’appel de l’ange met en scène des personnes qui ont choisi de changer totalement de vie pour surmonter un choc, espérant que cette mauvaise expérience restera derrière eux et qu’elle ne les atteindra plus. Mais, au moment où ils s’y attendent le moins, ces évènements enterrés refont surface. Parce que l’on ne peut jamais totalement effacer le passé…

    Si l’histoire commence comme une comédie romantique, elle se poursuit sur le rythme du thriller. Tout y est : le suspense, les surprises, les courses-poursuites, les (très) méchants, une cadence effrénée, etc. Vraiment prenant, ce roman ne laisse aucun répit au lecteur qui est pris dans un engrenage dont il est difficile de s’extraire. L’écriture est efficace et transforme la lecture en un vrai moment de détente.  

    A l’heure où nos téléphones portables, Smartphones et autres Blackberrys contiennent toute notre vie, que se passerait-il si toutes ces informations se retrouvaient entre d’autres mains ? Qu’y découvrirait-on ?

    L’appel de l’ange – Guillaume Musso – XO Editions - 2011

    Du même auteur:

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    Prisme – Thierry Prat

    Cover Prisme.jpgAlors que beaucoup de recueils de nouvelles se résument à une accumulation d’histoires courtes, on sent que la présentation des textes a été réfléchie. Thierry Prat nous entraine dans son monde mais en y insérant des balises, une certaine structure.

    Par exemple, la première nouvelle « La page blanche » parle de la difficulté pour l’écrivain de trouver un sujet, de le développer et de trouver les mots justes. Il établit un parallèle entre l’écriture et le travail artistique où chaque coup de pinceau compte.

    Dans le même ordre d’idée, dans la dernière nouvelle « Autobiographie », Thierry Prat s’adresse directement au lecteur et met un point final à ce recueil : « Tu en arrives à la dernière page. Tu crois me connaitre ou t’être reconnu. Nous nous sommes croisés. J’en suis sûr. Tu es une partie de moi. C’est pour toi que j’écris. »

    Plusieurs nouvelles traitent de la nature. En suivant l’auteur, on sent l’odeur de l’herbe comme si on l’accompagnait dans ses promenades. Mais les histoires, comme la vie, ne sont pas toujours joyeuses. On y parle aussi de rencontres avortées ou de ruptures sentimentales. Et puis, certaines nouvelles étonnent ! Comme « Derrière la porte verte » où il est question de pratiques sexuelles inavouables.

    Les textes de Thierry Prat, s’ils sont parfois très courts, arrivent néanmoins toujours à nous immerger dans un monde différent et plein de surprises.

    Deux gros coups de cœur dans ce recueil de nouvelles.

    Le premier est purement sentimental et concerne le texte intitulé « Pépite d’amour ». C’est une véritable déclaration d’amour d’un père à sa fille atteinte de troubles du comportement. Alors que la société tente de normaliser l’enfant et de la faire entrer dans des cases, le père prend la différence de sa fille avec philosophie et cherche ce qui pourrait la rendre heureuse. Chaque geste d’amour, chaque éclat de rire est une victoire et un cheminement vers le bonheur.

    Mon second coup de cœur concerne « Lisez-moi ce soir ». Ici, Thierry Prat dresse avec humour un portrait du monde de l’édition : livres mal distribués, pas disponibles, littérature business qui privilégie les auteurs bankables, textes prémâchés pour que le lecteur n’ait pas à réfléchir… Et un constat : « Aujourd’hui est écrivain celui dont les textes sont édités. Logique. La qualité de l’écriture, quelle importance ? ». Tout cela me donne encore plus envie de vous faire découvrir quelques-uns de ces auteurs bien cachés au fond des étagères et ces livres que l’on ne verra pas en tête de gondoles des grandes librairies. Et de souligner le travail des Agents littéraires dont l’objectif est de faire la promotion des livres peu médiatisés.

    Merci à eux pour cette lecture ainsi qu’aux Editions du Panthéon.

    Prisme – Thierry Prat – Editions du Panthéon – 2011

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    Les impurs – Caroline Boidé

    Les Impurs, Caroline Boidé, Serge Safran Editeur, nouvelle, critique, carnet de lecture, livre, littérature, blog littéraire, partenariat, amour, Algérie, guerreAlgérie, fin des années ’50. David est juif et s’installe à Alger pour travailler en tant qu’ébéniste. Dès son arrivée, il tombe amoureux de Malek. Musulmane, elle a pourtant un mode de vie particulier. Alors que les femmes du pays sont soumissent à la loi du silence et confinées aux rôles de mères et d’épouses, Malek travaille et choisit de vivre sa vie en dehors de tout carcan imposé par la société.

    Entre ces deux-là, c’est le coup de foudre immédiat. Leur amour et le désir qu’ils ont l’un pour l’autre ne fait que grandir au gré de leurs retrouvailles. Mais, si les juifs et les arabes d’Algérie se fréquentent sans problème, la relation qu’ils entretiennent est considérée comme illégitime et impure. Ils sont donc contraints à vivre leur amour clandestinement. Mais, très rapidement, la famille de David  ainsi que les instances religieuses font pression sur le jeune homme pour qu’il cesse de voir Malek et qu’il officialise un mariage avec une juive. David, plus perméable que sa bienaimée à la pression extérieure, ne sait quelle décision prendre et souffre de cet écartèlement : il aime Malek et refuse de s’en séparer mais il est pratiquant et respecte les traditions juives. Jusqu’au jour où un malheur s’abat sur leur amour… David est anéanti et vivra désormais dans le souvenir de Malek, espérant son retour improbable.

    J’ai adoré les deux premiers chapitres de ce roman ! Cette histoire d’amour est fabuleusement racontée par Caroline Boidé, qui trouve les mots justes pour nous émouvoir, avec un texte rempli de poésie.

    Par contre, le troisième chapitre m’a beaucoup moins intéressé. Il aborde la vie de David après la disparition de Malek, son mariage arrangé avec Léa et la naissance de leur fille Esther. Et si David donne l’impression d’avoir repris sa vie en main, en son for intérieur, il ne fait que ressasser ses idées noires, inconsolable d’avoir perdu sa musulmane adorée. On se rend alors compte que c’était le caractère bien trempé de Malek et sa recherche d’absolu qui faisait tout le charme de ce roman. Ce personnage absent, c’est tout le récit qui perd de l’intérêt. Et David, sans véritable personnalité et amorphe, n’arrive pas à redresser la barre.

    D’autant que le troisième chapitre fait la part belle à un autre protagoniste, à peine évoqué auparavant : la guerre d’Algérie. S’en suit un descriptif des tensions qui apparaissent entre les juifs et les arabes d’Algérie ainsi que l’influence de l’Etat français dans le conflit… Vraiment pas réjouissant et très loin de la folle histoire d’amour qui nous a fait ouvrir ce livre.

    Curiosité de ce roman : au milieu du récit, des extraits du journal tenu par David sont publiés. On y découvre de petites anecdotes sur la vie en Algérie (les nouvelles du front, les progrès d’Esther en lecture ou le quotidien de la vie familiale), qui mettent la lecture en suspens.

    En bref, si je devais relire ce roman, je me concentrerais sur les deux premiers chapitres qui décrivent une très belle histoire d’amour impossible et je zapperais la dernière partie.

     

    Lecture réalisée en partenariat avec Babelio et Serge Safran Editeur.les impurs,caroline boidé,serge safran editeur,nouvelle,critique,carnet de lecture,livre,littérature,blog littéraire,partenariat,amour,algérie,guerre,premier chapitre,extrait

    Les Impurs – Caroline Boidé – Serge Safran Editeur – 2011

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    Nos silences – Wahiba Khiari

    Cover Nos silences.jpgEn 1991, l’Algérie connait une des pires périodes de son histoire. Le pays est plongé dans une guerre civile qui n’épargne personne. Les citoyens sont rapidement pris pour cible et massacrés avec toute leur famille. Seules les jeunes filles échappent à ce traitement. Pour elles, un autre sort est prévu : enlevées, séquestrées, elles sont mariées de force à leurs geôliers et deviennent leurs esclaves sexuelles. Evidemment, sans protection, ces jeunes filles tombent rapidement enceintes et n’ont d’autre choix que de mettre au monde l’enfant du viol. L’avortement ne peut être pratiqué que dans des conditions bien précises, que très peu d’entres elles sont en mesure de remplir. Mais, alors qu’elles pensaient avoir passé le pire, le gouvernement algérien les humilie une dernière fois en leur demandant de pardonner à ces hommes « égarés », qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient.

    Nos silences est le premier roman de Wahiba Khiari. Très personnel et inspiré de sa propre vie, il nous raconte le quotidien de deux jeunes algériennes pendant la guerre civile.

    D’un coté, une jeune professeur d’anglais, qui tente de faire passer les valeurs de tolérance et d’ouverture à ses élèves mais qui baisse les bras face à la violence qui l’entoure. Elle choisit alors de quitter l’Algérie et de s’installer en Tunisie, où l’attend une vie meilleure. De l’autre coté, une jeune fille à peine pubère nous raconte l’assassinat de sa famille et le calvaire qu’elle subit dans un cachot humide. Sur le mode de la confidence, elle nous parle de sa peur, de sa colère et de la résignation qui l’envahit.

    L’auteure, qui a échappé au mal qui touchait son pays pendant la décennie noire, conçoit ce livre comme un témoignage, une parole donnée à toutes ces belles silencieuses, qui se sont tues, honteuses de ce qu’elles avaient vécu. Pour Wahiba Khiari, Nos silences est aussi un témoignage de solidarité envers ces femmes, elle qui se sent maintenant coupable d’avoir fui ces atrocités.

    De son premier texte, Wahiba Khiari dit : « Il me fallait parler, parler pour toutes celles qui ont choisi de se taire. Celles qui ont vécu l’horreur mais aussi celles qui, comme moi, ont quitté le pays.Avec un sentiment de culpabilité. On a voulu tourner la page, faire comme si… Malgré ce qui a été dit, déjà écrit sur cette tragédie, l’oubli nous guette. Je ne peux et ne veux oublier ce que nous avons traversé. Mes mots contre l'amnésie collective complice et coupable, des mots pour nous libérer. »

    Un livre poignant, qui ne tombe pas dans le pathos, mais qui interpelle. L’écriture d’une femme qui s’exprime pour toutes celles qui n’ont pas pu le faire.

    Lecture réalisée en partenariat avec Libfly et les Editions Elyzad.

    Nos Silences – Wahiba Khiari – Editions Elyzad – 2009