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    Retour à Rédemption – Patrick Graham

    cover retour à rédemption Patrick Graham.jpgIls sont sept garçons et filles et se font appeler les Enfants perdus. Avec d’autres adolescents, ils sont incarcérés au centre de redressement de Rédemption pour divers délits. Sous la coupe d’un révérend tyrannique, les enfants subissent humiliations, violences physiques et morales, enfermement et privations. Dans cet environnement, un enfant seul ne peut survivre. Alors, les Enfants perdus se serrent les coudes, s’entraident et s’encouragent. Un jour d’enfermement dans des cachots humides, ils scellent un pacte qui les liera pour la vie. Une fois adultes, si certains arrivent à donner l’illusion d’une vie équilibrée, d’autres sombrent dans la délinquance ou la folie. Et alors que chacun part à la dérive, l’un des Enfants perdus réactive le pacte…

    Retour à Rédemption est un concentré de scènes d’une extrême violence, qui suscitent en nous des sentiments de révolte et d’injustice. L’intrigue est bien construite et l’alternance entre passé et présent permet de distiller des indices qui ne prennent tout leur sens qu’à la fin du roman. Les personnages, à la fois fragiles et forts, sont attachants. Ce roman est un hymne à l’amitié qui pousse à se surpasser ou à se sacrifier pour les autres.

    Mais, si Retour à Rédemption arrive à nous tenir en haleine jusqu’au bout, certains détails m’ont un peu déçus. Ainsi, on ne comprend pas quelle place certains éléments occupent dans le puzzle que forme cette histoire, comme l’obsession du personnage principal pour le Big One (catastrophe naturelle qui va anéantir la Grosse Pomme). De plus, Wendy, qui a une personnalité affirmée et occupe un rôle très important dans le groupe des Enfants perdus, perd tout intérêt une fois adulte, comme si son personnage n’avait pas été totalement exploité. Enfin, tout le roman étant construit autour du pacte scellé entre les Enfants perdus, le lecteur n’attend qu’une chose : connaitre la véritable teneur de cette alliance. Et là, grosse déception ! Le fameux pacte n’est pas du tout explicite mais, surtout, il n’est pas du tout à la hauteur du reste du livre.

    En bref, un roman qui fait réfléchir et qui vous trotte encore dans la tête bien après en avoir terminé la lecture mais qui manque de finesse.

    Retour à Redemption – Patrick Graham - Anne Carrière - 2010

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    Le fil rouge – Géraldine Collet & Cécile Hudrisier ♥♥♥♥

    cover le fil rouge.jpgQue fait un enfant face à un fil rouge ? Eh bien, il tire ! Mais qu’y a-t-il au bout de ce fil ? Un tas de personnages sympathiques, qui vont l’aider dans sa tâche et découvrir une surprise de taille !

    Le fil rouge met en scène les héros traditionnels de la littérature enfantine dans une situation inédite. On retrouve les trois petits cochons, le loup, la sorcière, l’ogre… En quelques dessins, ce petit conte aborde des thèmes aussi variés que la curiosité, l’amitié ou l’entraide. Quand on connait les relations qu’entretiennent les différents protagonistes dans d’autres histoires bien connues, on remarque aussi que Le fil rouge casse un peu l’image que l’on a des méchants, leur donnant un coté plus humain et gentil.

    Les dessins sont magnifiquement réalisés par Cécile Hudrisier, qui crée également d’autres personnages pour petits et grands.

    Un très bel album de Noël à offrir aux petits.

    Remerciement particulier à Babelio et aux Editions Philomèle pour ce partenariat.

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    Joyeux Noël à tous et toutes!

    Le fil rouge - Géraldine Collet et Cécile Hudrisier - Philomèle - 2011

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    Inconvenantes dérailleries - Véronique Aubry

     

    cover inconvenantes dérailleriesok.jpgPremier ouvrage de Véronique Aubry, ces Inconvenantes dérailleries constituent en fait un recueil de poèmes. Plein d’humour et d’autodérision, l’auteur nous parle de musique, de mode, de la société de consommation, de la mort aussi… Une grande partie des poèmes proposés porte aussi sur les relations amoureuses. Parfois difficiles, elles provoquent jalousie, malaise, sentiment d’abandon. Mais elles peuvent également être très belles et on est alors témoins des étreintes amoureuses et passionnées des amants !

    Lire de la poésie, c’est se rendre compte que la langue française n’est pas figée et qu’au contraire, elle offre énormément de liberté aux auteurs. Avec Inconvenantes dérailleries, on est loin de la poésie académique, avec ses règles strictes à respecter. Au contraire, les poèmes de Véronique Aubry sont modernes et contemporains. Elle n’hésite pas à créer de nouveaux mots merveilleux (mes pensées nuagent) ou à utiliser le vocabulaire culinaire pour parler d’amour.

    Malgré cela, il ne s’agit pas d’une lecture-détente parce que l’on y retrouve les structures de phrases propres à la poésie, qui demandent une certaine réflexion. Et des occasions de réfléchir, ces poèmes nous en fournissent d’autres puisque l’auteure fait par exemple référence à des personnages publics. Ainsi, si tout le monde reconnaitra le couple Bruni-Sarkozy dans le poème intitulé Carla, d’autres références ne sont pas forcément connues de tous. De ce fait, à la lecture de certains poèmes, on a l’impression de passer à coté de quelque chose, de ne pas saisir complètement le sens du poème. Certains d’entre eux semblent même destinés à une personne précise, une connaissance de l’auteur, et on se sent alors complètement exclu du dialogue. Comme lorsque l’on tombe, par hasard, sur un document que l’on n’aurait pas dû lire.

    Ce recueil recèle aussi quelques mystères comme cette équation placée, l’air de rien, en bas de page, à l’arrière d’un poème. Et si c’est sympathique de découvrir de petites surprises cachées dans le texte, il est par contre agaçant de ne pas en comprendre le sens.

    C’est donc un recueil de poème original, qui aborde le genre poétique de façon différente, qui étonne et fait sourire mais qui garde tous ses mystères pour qui ne sait pas les déchiffrer.

    Remerciement particulier aux Agents littéraires et aux Editions Des croches et la plume pour ce partenariat.

    Vous souhaitez lire un extrait des poèmes de Véronique Aubry ? Cliquez ici ! 

    Inconvenantes dérailleries - Véronique Aubry - Des croches et la plume - 2009

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    Remède mortel – Harlan Coben

    Cover remède mortel.jpgUne clinique qui soigne les malades du sida voit ses patients assassinés les uns après les autres. Mais lorsque le fils d’un sénateur meurt à son tour et qu’une star du basket annonce sa séropositivité, ce sont les médias qui s’en mêlent. L’opinion publique est en émoi, des hommes politiques et des personnalités du domaine médical sont sur la sellette. Quand des meurtres mettent en lumière une machination visant à anéantir le travail de chercheurs… Quand le danger est juste à côté de nous…

    Remède mortel a été publié aux Etats-Unis en 1991. À cette époque, le sida est considéré comme une maladie de dépravés, touchant principalement les homosexuels. Dans une Amérique puritaine, certains considèrent donc que la recherche contre le sida est secondaire et que les montants qui lui sont alloués devraient être consacrés à d’autres maladies. Ce roman illustre un certain système politique qui accorde des subsides non pas en tenant compte de l’intérêt général mais en favorisant les intérêts d’un groupe limité de personnes.

    Au-delà du roman, Remède mortel nous pousse aussi à la réflexion : 20 ans après, où en est-on ? La discrimination et l’homophobie sont toujours bien présentes et les porteurs du virus du sida ont toujours beaucoup de mal à s’intégrer à la société.

    Remède mortel est le 12e roman d’Harlan Coben publié en français depuis 2002. On peut dire que l’auteur est productif ! Si certaines mauvaises langues considèrent ses deux derniers romans (voir aussi Sans un adieu) comme des « fonds de tiroirs » que l’on fait passer pour des collectors, il est toujours intéressant de voir l’évolution du style d’écriture d’un écrivain.

    Remède mortel – Harlan Coben - Belfond - 2011

    Du même auteur: