15 mai 2013
MISERICORDE – JUSSI ADLER OLSEN
Cap sur le Danemark avec ce roman policier qui vous tiendra éveillés jusque tard dans la nuit !
A peine rentré de congé maladie suite à une agression, Carl Morck est affecté au Département V, un nouveau service chargé de résoudre des affaires non élucidées. Rapidement, il s’intéresse au cas de Merete Lynggaard, vice-présidente du parti démocratique disparue sans laisser de trace alors qu’elle effectuait une traversée en mer avec son jeune frère muet. Et c’est avec son fidèle assistant Assad qu’il se lance à la recherche de Merete.
Le roman démarre doucement mais, sans m’en rendre compte, j’ai été prise par l’histoire au point de ne plus voir les heures passer (comme en témoignent mes réveils difficiles pendant la lecture de ce policier
). Jusqu’au bout, la tension dans laquelle nous plonge Miséricorde est énorme et on ne s’en rend réellement compte que lorsque l’on referme le livre, lorsque le corps reprend conscience du monde qui l’entoure et que la pression retombe.
Les chapitres portant sur l’enquête menée par Carl et Assad alternent avec ceux qui nous plongent dans le vécu quotidien de Merete dans sa geôle. Et si le sujet et la structure de Miséricorde rappellent la série télévisée Cold Case, le lien est très ténu et surtout réducteur. En effet, l’histoire est ici beaucoup plus complexe et explore davantage la psychologie des personnages dans tout ce qu’elle a de subtil.
Jusqu’au dernier moment, nous ne saurons pas pourquoi Merete est tenue prisonnière ni ce que veulent ses ravisseurs. Mais la découverte de la vérité va mettre à jour une machination minutieuse motivée par la vengeance. Ce jeu pervers auquel s’adonne le ravisseur donne froid dans le dos mais l’auteur arrive, malgré la tension qu’il distille tout au long du roman, à y insérer quelques pointes d’humour.
On s’attache à ces personnages maltraités par la vie, tant à Carl qui a pourtant un sale caractère, qu’à Assad, son assistant dévoué au passé trouble, ainsi qu’à Oluf, le frère muet de Merete.
Jussi Adler Olsen a sorti deux autres romans mettant en scène Carl et le Département V, Profanation et Délivrance, ce qui augure d’autres nuits blanches…

Prix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar
Challenge Thrillers scandinaves
Miséricorde – Jussi Adler Olsen – Editions Albin Michel – 2011
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10 mai 2013
Et un tag!
Pour la première fois, j'ai été taguée par Stefiebo, qui m'offre un Liebster Award.
Je m'empresse donc de répondre à ses questions:
1. Ton auteur préféré et pourquoi?
Si je me base sur mes livres coup de coeur, je dirais que Khaled Hosseini est l'auteur qui m'a le plus touché. Ses deux romans, Les cerf-volants de Kaboul et Mille soleils splendides décrivent des évènements extrêmement difficiles dans des pays en guerre et m'ont fait pleurer. Du grand roman!
2. Quelle chanson écoutes-tu quand tu es nostalgique?
J'écoute plutôt des chansons bien tristes comme La solitudine de Laura Pausini ou Innamoramento de Mylène Farmer. Heureusement, ce n'est pas fréquent!
3. Et quand tu veux avoir la pêche?
Alors là, mon lecteur MP3 déborde de chansons qui me donnent envie de danser! Mini playlist: Objection Tango de Shakira, Gustavo Lima, Hypnotico de Jennifer Lopez, les chansons des années '80...
4. Que recherches-tu dans la lecture?
Pour moi, la lecture est une découverte, l'occasion de visiter d'autres pays, de comprendre d'autres coutumes, de s'ouvrir à d'autres modes de pensées... ou d'apprendre à mieux se connaitre. C'est un voyage immobile qui peut apporter beaucoup.
5. Le métier impossible que tu aurais rêvé faire?
Moi, je me verrais bien gardienne d'île. Le soleil, la nature, le travail en extérieur, s'occuper des espaces verts et préserver la faune et la flore... Mais là, c'est vraiment du rêve !
6. Une phobie particulière?
Pour le coup, je ne vais pas être très originale puisque ma plus grande peur me vient de ces petites bêtes à 8 pattes toutes velues, les araignées. En voir une, même minuscule, me donne la chair de poule. Brrrr!
7. La phrase tirée d'un roman qui t'a le plus bouleversé?
J'ai cette habitude de noter dans un petit carnet les belles phrases découvertes au détour d'un livre, parfois même des paragraphes entiers. Ce peut être des extraits qui font écho à des évènements de ma vie ou simplement de jolies phrases, belles et/ou profondes.
En voici une : "Le bonheur [...] c'est arriver à sourire avec ce qu'on a dans le coeur. Tant pis si c'est peu, tant que c'est avec le coeur..." tiré du recueil de nouvelles d'Aurélia Jane Lee, Les saisons intérieures.
8. Le prochain pays que tu veux ou iras visiter?
Je voudrais pouvoir visiter tous les pays pour découvrir d'autres façons de vivre et peut-être trouver un petit paradis qui me conviendrait bien, pourquoi pas! Je suis particulièrement attirée par l'Inde, la Norvège, la Russie et les pays arabes parce que leurs modes de vie sont complètement différents de nos pays occidentaux et que cela me rend curieuse.
9. Le héros d'un livre que tu aimerais être?
Il n'y a pas de héros que j'adule, à qui j'aimerais ressembler ou dont je voudrais prendre la place. En même temps, la plupart de mes lectures relèvent du policier et ça ne me tente vraiment pas d'avoir à faire avec des cadavres et des détraqués mentaux à longueur de journée 
10. L'auteur que tu rêverais de rencontrer ou aurais aimé rencontrer?
Pendant longtemps, j'ai été passionnée par Harlan Coben et ses écrits. Mon rêve de le rencontrer s'est réalisé il y a quelques années, quand il est venu à la Foire du Livre de Bruxelles. C'était impressionnant de le voir pour de vrai (il est très grand!) et de lui parler (malgré mon anglais plus que moyen), j'en étais toute retournée!
11. Ta période historique préférée?
J'aurais aimé vivre à l'époque de Louis XIV pour les magnifiques toilettes que les bourgeoises portaient... Mais je me sens bien dans mon époque, la modernité et son confort me conviennent mieux même s'il faudrait un bon coup de fouet pour que le monde tourne un peu plus rond...
A mon tour maintenant de décerner les Liebter Award à Minou, Liliba, ManU, Aveline et Bouchon des bois.
Voici mes questions:
1. Quel est ton plus beau souvenir de lecture, étant enfant?
2. Quel est l'endroit où tu te sens le mieux?
3. Un livre coup de coeur à faire partager?
4. Quel est ton péché mignon?
5. Quelles sont tes passions en dehors de la lecture?
6. Quel est le dernier caprice que tu t'es autorisé?
7. Quel auteur souhaiterais-tu rencontrer?
8. Quelles sont tes trois plus grandes qualités?
9. Dans quel film aurais-tu aimer jouer?
10. LE livre que tu as détesté!
11. Fais-moi rêver! Dans quelle région vis-tu et quelles sont les lieux/évènements à ne pas rater?
J'ai hâte de découvrir vos réponses!
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08 mai 2013
PASSES IMPARFAITS – PATRICK DUPUIS
A travers ces 21 nouvelles, Patrick Dupuis explore le passé. Souvent imparfait parce que l’on n’a pas fait les bons choix ou que l’on n’a pas accordé notre confiance aux bonnes personnes, l’amour était cependant toujours présent. Et même s’il s’est fané avec le temps, les sentiments forts qu’il a inspiré ont transportés le cœur des personnages de ces quelques nouvelles.
Dans ce recueil, on retrouve des histoires classiques de grand amour qui se brise, des trahisons, des infidélités et les remous que connait toute relation amoureuse. Mais souvent, les personnages se trouvent à un tournant de leur vie, cette minute qui fait prendre une décision plutôt qu’une autre et qui changera le cours de leur existence.
Il est souvent question d’histoires tristes, où l’amour s’épuise peu à peu pour disparaitre, de couples en perdition qui se cherchent un nouveau souffle et qui se séparent parfois. Et alors, il y a ceux qui plongent dans le désespoir, n’osant pas rêver d’un nouvel amour, et ceux qui profitent de l’occasion pour entamer une nouvelle vie et prendre un nouveau départ. Parce que l’avenir réserve encore de belles surprises et que l’espoir prévaut face à cette nouvelle vie à mener, ce bonheur à trouver.
Shakespeare disait « Si tu ne te souviens pas de la moindre folie que l’amour t’a inspiré, c’est que tu n’as jamais aimé » et des folies il y en a eu ! Des lettres enflammées où Mylena se dévoile, des parcours de golf en plein mois de janvier, une nuit d’amour qui n’en n’est pas vraiment une, des choix faits que l’on regrette ensuite… En cela, les personnages de Patrick Dupuis nous ressemblent, avec leurs forces et leurs faiblesses et il est aisé de se retrouver dans leurs comportements.
Un beau recueil qui nous renvoie à nos propres expériences et un auteur qui arrive, en quelques mots, à nous projeter dans la vie de ses personnages et à nous les rendre sympathiques. Un joli moment de lecture.
Merci à Keisha d’avoir fait voyager ce recueil jusqu’à moi. Passés imparfaits est prêt à repartir, si vous voulez le recevoir, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.
Et un livre de plus pour le Challenge Luce Wilquin de Minou
Passés imparfaits – Patrick Dupuis – Editions Luce Wilquin – 2012
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30 avril 2013
TROIS ACCIDENTS ET UN SUICIDE – SEAMUS SMYTH
Gerd tue des gens. Pourtant, il a tout l’air d’un homme d’affaires respectable, à la vie tranquille comme l’eau qui dort… Mais sa fortune, justement, il la doit à ses victimes, qu’il manipule et spolie sans le moindre état d’âme. Pour parvenir à ses fins, ce philosophe cynique, encyclopédie vivante du crime, déploie une véritable science, peaufine ses plans, prépare l’enquête à rebours… jusqu’au crime parfait.
Petite leçon de criminalité organisée en Irlande, au cas où vous voudriez vous reconvertir…
Trois accidents et un suicide nous met dans une position suffisamment rare pour être soulignée. Au lieu de suivre les enquêteurs dans la résolution d’un crime, comme c’est le cas dans la plupart des romans policiers, nous suivons ici l’organisateur des meurtres. Pire, c’est lui qui nous parle directement, nous expliquant sa manière de procéder, comment il prépare son coup dans le détail, avec une technique bien à lui. Et nous, pauvres lecteurs que nous sommes, nous nous trouvons embarqués dans cette histoire folle au point de nous sentir impliqués dans les meurtres, avec l’impression d’être ses complices. Je trouve que l’approche est intéressante et originale parce qu’elle nous plonge complètement dans l’histoire, on suit le raisonnement de Gerd avec intérêt, comme s’il était tout à fait normal de débattre des différentes techniques permettant de se débarrasser d’un corps. Et ce n’est qu’avec le recul que l’on se pose des questions sur notre état mental (et le sien !), nous qui lisons ça sans réagir.
Dès les premières pages, Seamus Smyth nous emmène dans son monde, nous emprisonne dans l’esprit machiavélique de Gerd au point qu’il nous est impossible d’en sortir avant la fin. Le rythme est soutenu et on n’a pas le temps de s’ennuyer une seule seconde. Un très bon polar.

Prix des Lecteurs du Livre de poche 2013 - Catégorie Polar et Challenge Thrillers et polars de Liliba.
Trois accidents et un suicide – Seamus Smyth – Editions Fayard – 2010
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24 avril 2013
LA LIGNE VERTE – STEPHEN KING ♥♥♥♥
Ma première rencontre avec La ligne verte s’est produite à travers l’adaptation cinématographique (1999) du roman de Stephen King. J’avais adoré le film et j’ai tout de suite eu envie de lire le roman dont l’histoire était tirée. Ça a été le coup de cœur ! Aujourd’hui, c’est par l’entremise de Stefiebo que je ressors ce roman mythique de ma bibliothèque. Et si la couverture est un peu abimée par les lectures successives et les pages jaunies, qu’importe, je me plonge toujours avec bonheur dans cette histoire.
En 1932, Paul Edgecombe était gardien-chef du bloc E, le couloir de la mort du pénitencier de Cold Mountain. A cette époque, les candidats à la peine capitale passaient par la chaise électrique, Miss Cent Mille Volt les accueillant au bout de la ligne verte, en référence au lino vert qui recouvrait le couloir du bloc E. Et cette année-là, elle a vu passer quelques cas étranges : le français Delacroix et sa souris apprivoisée, la réincarnation de Billy The Kid et John Caffey, un géant noir condamné pour le viol et le meurtre de deux fillettes. Rien de pire que ce qu’on déjà connu les gardiens du bloc E mais les incidents vont s’enchainer… 1932 sera une année inoubliable pour Paul Edgecombe.
La ligne verte mêle le réalisme de la vie carcérale au surnaturel qui entoure le personnage de John Caffey. Et c’est là que réside tout le talent de l’écrivain, nous faire vivre des scènes atroces de mort par électrocution, tout en dédramatisant l’évènement par l’ajout de détails humoristiques qui décrispent quelque peu nos petits cœurs sensibles.
On frissonne face aux monstruosités dont est capable l’insupportable Percy, on s’attendrit devant Mister Jingles qui fait ses tours de cirque, on prend les gardiens et certains détenus en sympathie… mais c’est surtout un roman qui interroge.
A partir du thème de la peine de mort, Stephen King nous fait réfléchir sur l’être humain dans ce qu’il a de meilleur et de pire, sur les erreurs judiciaires et la discrimination raciale, qui a poussé plus de noirs que de blancs sur la Veuve Courant. Malgré le sujet difficile, l’auteur parvient à rendre presque palpable la profonde humanité qui caractérisait ces hommes chargés d’appliquer une peine, loin d’être les bourreaux avides de sang que l’on nous montre parfois, mais aussi celle de certains détenus.
Du grand King, je remercie Stefiebo de m’avoir incité à sortir ce chef d’œuvre de ma PAL, ce qui m’a aussi donné envie de (re)découvrir les autres romans de l’auteur.

La ligne verte – Stephen King – J’ai lu – 1996
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