17 mai 2012

LES JARDINS D’EURYSMEE – JEAN-CLAUDE ROULLIER

Cover Les jardins d'Eurysmée.jpgAntoine a 25 ans et travaille comme aide médico-psychologique aux Jardins d’Eurysmée, une maison médicalisée pour personnes âgées. Son quotidien va être chamboulé par l’arrivée de Lucie au poste de secrétaire. Ange blond, cette « petite Marilyn de banlieue », va ensoleiller sa vie et lui donner la force de se battre. Parce que la bataille s’annonce rude ! Il s’agit d’éviter le rachat de la maison de retraite par un grand groupe pétrolier qui prévoit une restructuration profonde des conditions de travail. Et face à l’opposant, tous se mobilisent, du résident le plus impotent au personnel !

Sous le couvert d’une histoire d’amour et sur le ton de l’humour, l’auteur aborde des questions d’actualité : les restructurations, licenciements collectifs et autres réorganisations du travail qui n’ont pour un seul objectif que d’augmenter la rentabilité au détriment de la qualité et du bien-être.

Les personnages sont attachants et hauts en couleurs, ce qui rend le récit vraiment dynamique. Par contre, j’ai trouvé que les descriptions de personnages étaient trop longues. L’auteur retrace tout leur parcours en une page avant de les faire intervenir dans l’histoire plutôt que d’introduire les éléments au fil du roman. Comme si on ouvrait une grande parenthèse dans le récit, dont il faut ensuite reprendre le fil, ce qui ne parait pas naturel.

Petite originalité de ce roman : l’auteur nous invite au jeu du « Qui est-ce ? », en saupoudrant son récit de références au monde politique, économique et artistique français. Ainsi, on rencontre Viviane Bienencours, multimilliardaire à la tête de la société Aréole, mais aussi Muriel Tombale, Sécurkozy, Achida Tati ou Marylène Robry… Ces éléments, qui prêtent à sourire, ne nous empêchant absolument pas de s’immerger dans l’univers fantastique de Jean-Claude Roullier, qui nous emmène en Patchoughistan ou en Turcoslovanie.

Avec, en toile de fond, le passé trouble de Lucie qui ressurgit, un peintre génial mais complètement délirant et des vernis à ongles de toutes les couleurs. J’ai juste trouvé dommage que le passé de Lucie soit dévoilé aussi tôt dans le roman et que le suspense n’ait pas été maintenu jusqu’au bout.

En bref, malgré quelques petites imperfections, Les jardins d’Eurysmée est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je conseille.

Lecture réalisée en partenariat avec les Editions Velours.

Paola

Les jardins d’Eurysmée – Jean-Claude Roullier – Editions Velours – 2011 

09:59 Écrit par Paola | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

09 mai 2012

DES NOUVELLES D’EROS – COLLECTIF

Cover Des nouvelles d'Eros.jpgEn référence à Eros, dieu grec de l’amour, ce recueil de douze nouvelles met en scène divers fantasmes sexuels. Plusieurs histoires ont un caractère homosexuel même si certaines nouvelles traitent davantage d’hétérosexualité.

Sous le couvert d’histoires courtes, les thèmes abordés poussent à la réflexion : la découverte de ses préférences sexuelles, l’annonce de son homosexualité à sa famille, la question du mariage homosexuel et de l’accès à la parentalité, le crime passionnel, le choix de ne pas avoir de sexualité, les amours de jeunesse, la diminution du désir avec l’âge… Le tout, en nous faisant voyager dans le temps, du 16e siècle à l’époque contemporaine.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce recueil est lié à son manque d’homogénéité. Étant une œuvre collective, la disparité des styles littéraires est très grande : certains auteurs vont directement à l’essentiel avec une certaine crudité alors que d’autres nous assomment de monologues et de réflexions quasi philosophiques. Dommage.

Lecture réalisée en partenariat avec ErosOnyx Editions.

Paola

Des nouvelles d’Eros – Collectif – ErosOnyx Editions – 2010 

10:54 Écrit par Paola | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

02 mai 2012

CHAMBRE 121 – IGOR & BOCCERE

Cover Chambre 121.jpgAlors que l’auteur travaillait comme veilleur de nuit dans un hôtel, il a imaginé une chambre au room service un peu particulier : la chambre 121. Cette bande dessinée suit un réceptionniste qui se dévoue corps et âme pour ses clientes, toujours prêt à satisfaire leurs désirs sexuels.

Là où je pensais trouver une bande dessinée érotique, je me retrouve face à de la pornographie ! Les sous-entendus et scènes suggérées que j’imaginais découvrir sont en réalité des gros plans sur des organes sexuels en pleine action ! Un manque total de subtilité, associé à un fond à peu près inexistant…

On remarque que les auteurs tentent de varier les situations en montrant une palette de fantasmes diversifiés (à l’hôtel, dans les bois, sur une plage…) mais, même avec la plus grande imagination du monde, après 4-5 épisodes, on a fait le tour du sujet et on tombe dans l’ennui et la répétition. On y retrouve tous les classiques : les religieuses, la femme délaissée par son mari, les femmes enceintes, les voyeurs, les jeux de rôles… Presque toutes les combinaisons sont envisagées (à deux ou à plusieurs), mais l’auteur répugne visiblement à mettre son personnage principal dans des situations homosexuelles entre hommes. Ce qui tend à penser que cette bande dessinée est destinée à un public plutôt masculin et hétérosexuel… à moins qu’il ne s’agisse d’une identification prononcée de l’auteur à son personnage principal…

Cette intégrale, qui comprend 43 épisodes, a au moins le mérite de proposer une sexualité totalement consentie et libre, sans aucune scène de violence.

Bref, un livre à réserver à un public adulte et à ranger sur les étagères les plus hautes de la bibliothèque pour qu’aucun enfant ne tombe malencontreusement dessus !

Lecture réalisée en partenariat avec Babelio et les Editions Dynamite.

Paola

Chambre 121 – Igor & Boccère – Dynamite – 2012 

12:02 Écrit par Paola | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26 avril 2012

UN TRAITRE A NOTRE GOUT – JOHN LE CARRE

Cover Un traitre à notre goût.jpgPerry et Gail forment un couple de trentenaires anglais en vacances dans les Caraïbes. Séjournant dans un complexe spécialisé dans le tennis, ils en profitent pour améliorer leur technique et acceptent de disputer une partie avec Dima, un russe richissime. Et les ennuis vont commencer ! Car ce Dima n’est pas n’importe qui ! N°1 du blanchiment d’argent en Russie, il a jeté son dévolu sur le jeune couple et ne le lâche plus d’une semelle.

Par leur intermédiaire, il propose un marché au gouvernement anglais : il accepte de fournir des informations sur les trafics de la mafia russe si on lui octroie une résidence permanente en Angleterre ainsi qu’à sa famille, qu’il croit en danger.  Et voila Perry, professeur de littérature anglaise qui n’a rien d’un super héros, embarqué dans une folle histoire d’espionnage ! Et dire que lui et Gail voulaient juste se reposer quelques jours et faire le point avant de commencer une nouvelle vie…

Un traitre à notre gout est le premier véritable roman d’espionnage que je lis. Et j’ai été assez déçue. Là où j’attendais de l’action (des explosions, des courses-poursuites…), je n’ai lu que des bavardages !  Le lecteur vit les évènements à distance, à travers les discours des uns et des autres mais, à aucun moment, je n’ai ressenti l’urgence de la situation, la peur des protagonistes ou leur nervosité. Bref, je me suis ennuyée.

Pourtant, c’était bien parti (jugez-en vous-même en lisant le premier chapitre). L’auteur nous fait voyager de Moscou à Londres, en passant par Bombay et Berne. Il nous plonge dans le monde du crime organisé et des magouilles financières en tout genre avec une intrigue bien menée. Le roman est bien documenté et montre toute la complexité des structures mafieuses. Tout au long du livre, on se demande pourquoi Perry a été choisi pour recueillir les confidences de Dima et où tout cela va le mener.

Malheureusement, j’ai trouvé que les personnages de Perry et Gail manquaient de caractère. Ils suivent et se laissent faire sans rien dire, là où n’importe qui se serait énervé, réclamant qu’on le laisse passer ses vacances en paix !

Vous avez lu Un traitre à notre gout ? Qu’en avez-vous pensé ?

Merci à Babelio et aux Editions Points pour cette découverte.

Paola

Un traitre à notre gout – John le Carré – Editions du Seuil – 2011 

09:09 Écrit par Paola | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

25 avril 2012

POESIE EN PETITES TOUCHES

 

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager avec vous ces extraits de poèmes sur le thème de l’écriture, issus de deux recueils publiés aux Editions Chloé des Lys.


« Ecrire pour pisser le sang.

Cover Petit sentier.jpg

Ecrire pour périr.

Ecrire.

Petites peurs.

Petits bonheurs.

Humeurs. »


 « Un papier et un crayon.

Un métier. »


 « Ecrire. En rire

Ecrire. En pleurer

Vivre. Bêtement vivre. »

Petit sentier – Philippe Meurisse – Editions Chloé des Lys – 2011


Cover Onirique.jpg«  Tremper sa plume

Dans l’encre de la nuit

C’est se servir de la lune comme d’une page blanche… »


Onirique – Laurent Dumortier – Editions Chloé des Lys – 2011




A méditer…

Paola

 

11:26 Écrit par Paola | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook |